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Guerre en UkraineSommet de la dernière chance à Minsk

La rencontre entre Angela Merkel, François Hollande, Petro Porochenko et Vladimir Poutine est celle de la dernière chance qui mettra fin à ce bain de sang en Ukraine.

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Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Keystone
Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Keystone
Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

AFP

Les dirigeants ukrainien, russe, français et allemand doivent se retrouver ce mercredi 11 février à Minsk pour un sommet de la dernière chance qui vise à mettre fin à dix mois d'un conflit qui a fait plus de 5300 morts dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine.

Cette rencontre réunissant Angela Merkel, François Hollande, Petro Porochenko et Vladimir Poutine est le résultat de l'initiative de paix franco-allemande présentée la semaine dernière à Kiev, puis à Moscou, au moment où les combats font rage dans l'est de l'Ukraine. Mardi, au moins 37 personnes ont ainsi péri dans des combats et bombardements.

Le président Petro Porochenko, arrivé au pouvoir en promettant de mettre fin à la guerre et de reconquérir les zones rebelles, a résumé l'enjeu de Minsk: offrir «l'une des dernières chances d'instaurer un cessez-le-feu inconditionnel et un retrait des armes lourdes».

De leur côté, les séparatistes prorusses ont discuté deux heures à Minsk avec les émissaires de Kiev, encadrés par des représentants de la Russie et de l'OSCE. Les rebelles ont ensuite soumis leurs propositions de règlement du conflit au Groupe de contact, lui aussi réuni mardi soir à Minsk.

«Rien n'est gagné»

Selon l'émissaire de la république autoproclamée de Donetsk Denis Pouchiline, qui n'a pas précisé le contenu de ces propositions, il est «trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu».

De son côté, le président américain Barack Obama a eu des entretiens téléphoniques avec son homologue russe Vladimir Poutine, ainsi qu'avec Petro Porochenko.

Dans un communiqué, la Maison-Blanche a déclaré mardi soir: «Si la Russie continue ses actions agressives en Ukraine, en envoyant notamment des soldats, des armes et en finançant les rebelles, le prix à payer pour la Russie augmentera».

Le président Hollande «veut donner toute sa chance au fait de pouvoir aboutir alors que la situation sur le terrain s'est encore aggravée», selon une source dans son entourage.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, pour lequel «rien n'est gagné», appelle les belligérants à ne pas saboter le sommet.

La rencontre de Minsk sera le premier vrai sommet dans le format dit «de Normandie», impliquant les dirigeants des quatre pays qui s'étaient brièvement rencontrés en Normandie en juin puis à Milan en octobre en marge d'évènement internationaux.

Il devra offrir une chance unique de prendre au mot Vladimir Poutine qui nie toute implication de la Russie dans le conflit ukrainien, qui a fait plus de 5300 morts en dix mois et provoqué la pire dégradation des relations entre Moscou et l'Occident depuis la fin de la Guerre froide.

«Regarde ce que Poutine a fait ! ...»

Sur le terrain, au moins 37 personnes ont péri dont 15 dans des bombardements au lance-roquettes multiples Smertch à Kramatorsk, ville qui abrite le principal état-major militaire ukrainien dans l'Est.

Cette cité industrielle de 200'000 habitants avait été reprise par l'armée ukrainienne aux rebelles en juillet et avait été épargnée par les combats depuis.

La diplomatie ukrainienne a déclaré dans un communiqué que la Russie - qui selon Kiev et les Occidentaux arme les rebelles et leur envoie des troupes régulières en renfort, une accusation démentie par Moscou - était «responsable» de cette attaque «au moment où surgit un espoir fragile de régler la crise et établir la paix sur le Donbass».

Des habitants de Kramatorsk ne mâchaient pas leurs mots, accusant le président russe. «Regarde ce que Poutine a fait ! Il nous tue, les enfants comme les adultes !», s'est emportée une femme.

Ce bombardement, le premier contre le QG de l'armée depuis le début de la guerre, intervient au moment où soldats ukrainiens et rebelles cherchent à grignoter le plus de terrain possible pour arriver en position de force à la table des négociations.

Au sud de la ligne de front, les troupes ukrainiennes ont par ailleurs annoncé avoir déclenché une contre-offensive et repris le contrôle de trois villages à l'est du port de Marioupol, une des dernières grandes villes de la région sous contrôle ukrainien.

Au moins 19 soldats tués

Au moins 19 soldats ukrainiens ont été tués ces dernières 24 heures au cours de combats dans l'est de l'Ukraine, a annoncé mercredi un porte-parole de l'armée ukrainienne alors qu'un sommet se tient dans la soirée à Minsk pour tenter de mettre fin au conflit. "Dix-neuf soldats ont été tués et 78 blessés au cours des dernières 24 heures", a déclaré Vladislav Selezniov. Parmi eux, cinq soldats ont été tués au cours de l'attaque au lance-roquettes multiple Smertch qui a touché mardi la ville de Kramatorsk, siège du quartier général de l'armée ukrainienne dans l'est rebelle du pays.

Un obus tombe sur une station de bus

Un obus a frappé mercredi une station d'autobus du centre de Donetsk, sous contrôle des séparatistes pro-russes, tuant au moins un civil, a constaté un journaliste de Reuters. Les violences ne faiblissent pas dans l'est de l'Ukraine à quelques heures de l'ouverture de sommet de Minsk. L'obus a traversé le toit de la station et a détruit deux minibus. Selon les services de secours sur place, une seconde personne est décédée à l'hôpital et deux autres ont été grièvement blessées.

(AFP)

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