Elay (BE): Son élevage est parti en fumée

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Elay (BE)Son élevage est parti en fumée

Un éleveur du Jura bernois a vu tous ses porcelets brûler vifs dans l'incendie de sa ferme. Attristé, il en a bloqué l'accès.

par
Vincent Donzé
Le paysan sinistré a barré la route menant à son domaine, où la grange (ci-dessus) a été épargnée par les flammes.

Le paysan sinistré a barré la route menant à son domaine, où la grange (ci-dessus) a été épargnée par les flammes.

Laurent Crottet

L'élevage est parti en fumée mercredi matin, grillé par l'incendie de la porcherie. Bilan: 300 porcs brûlés vifs. «Je ne veux voir personne, c'est assez dur comme ça», s'exclame l'éleveur. Un paysan voisin, établi plus haut dans la montagne, ignorait, lui, ce lourd bilan: «J'ai vu la fumée arriver jusque chez moi, puis en sentant une odeur de viande grillée, j'ai compris que du bétail avait péri.»

Le village bernois d'Elay (Seehof en allemand), où le sinistre s'est produit, est une impasse accessible depuis Moutier (BE) ou Delémont (JU). Sur le chemin privé menant à sa ferme, le paysan sinistré a désormais fixé un panneau «Passage interdit», obstruant en outre l'accès avec un engin agricole qu'il déplace à chaque fois qu'il se rend en tracteur chez son voisin du dessous pour remplir une citerne d'eau.

Des bêtes, il en restait à abreuver, hier, au lendemain de l'incendie. De loin, on entendait des chiens aboyer, des chèvres bêler et des vaches meugler, mais aucun cochon couiner. «Pour un fermier, tous les animaux sont égaux, surtout dans la souffrance», résume un autre agriculteur d'Elay.

Le désarroi se comprend

Dans le canton voisin, à Miécourt (JU), l'éleveur Nicolas Cattin se sent éloigné du village alémanique aux confins du district francophone de Moutier. Mais avec son élevage de 400 porcs, il comprend le désarroi de son collègue sinistré: «La perte d'un cheptel et celle d'un bâtiment, ça marque.»

Quel lien rattache l'homme à l'animal? «La relation avec un porc n'est pas affective comme celle nouée avec un chien. Ici, le nombre fait la différence», reprend Nicolas Cattin. Pour lui, «l'objectif d'une telle exploitation, c'est la rentabilité». Du coup, avec 300 ou 400 porcs, «il n'y a pas d'attachement, mais du respect». Hier, un camion de l'usine d'extraction des déchets carnés GZM à Lyss (BE) a traversé le village d'Elay. Pour cette entreprise, 300 carcasses, ce n'est rien: «Nous traitons annuellement 100 000 tonnes de cadavres d'animaux et de résidus d'abattoirs», indique son attaché de presse, Georg O. Herriger.

Brûlées cette fois à très haute température, les carcasses des 300 porcelets seront transformées en combustible et en carburant. «Quelle que soit la provenance de la viande, rien ne retourne à la consommation», précise Georg O. Herriger. De la porcherie, il ne reste que deux silos à grains métalliques. Hier, la police bernoise n'avait pas encore communiqué les causes du sinistre. Si les pompiers n'ont pas pu sauver la porcherie de 200 m², les vaches et les veaux ont pu être évacués à temps et le chalet attenant à la ferme n'a pas subi de dégâts, tout comme la grange.

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