20.12.2014 à 07:42

ScandaleSony espère quand même diffuser son film controversé

Sony Pictures n'a pas «capitulé» face aux menaces des pirates informatiques.

Sony essaye de trouver des solutions pour diffuser son film controversé

Sony essaye de trouver des solutions pour diffuser son film controversé

Keystone

Sony Pictures espère trouver des «voies alternatives» pour diffuser la comédie satirique «The Interview» («L'interview qui tue!») ailleurs qu'en salle. Mais cela s'avère ardu.

Le patron de Sony Pictures Michael Lynton a déclaré vendredi soir sur CNN qu'aucun «site de vidéo à la demande, aucun site commercial», n'a pour l'instant accepté de diffuser ce long métrage, que ce soit en version numérique ou en DVD. Il n'a par ailleurs pas exclu de mettre le film sur le site YouTube.

«Nous avons toujours souhaité que le public américain voie ce film», qui met en scène un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen, a insisté le dirigeant de Sony. Il a qualifié ce piratage de «pire attaque informatique jamais vécue aux États-Unis».

Selon Michael Lynton, le studio n'a pas encore «d'estimation» de l'impact financier mais qu'il sera «très très important». De l'avis d'experts, le piratage et l'annulation de la sortie du film pourraient coûter quelques centaines de millions de dollars.

Obama a réagi

«Nous ne nous sommes pas couchés, nous n'avons pas capitulé», a répété Michael Lynton, directeur général de Sony Pictures. Il s'est exprimé quelques heures après que le président américain Barack Obama eut qualifié d'«erreur» l'annulation de la sortie du film.

«J'aurais aimé que Sony me parle» avant de prendre cette décision, a déclaré le président américain lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année.

«Nous ne pouvons pas avoir une société dans laquelle un dictateur quelque part peut commencer à imposer une censure ici aux États-Unis», a martelé le président américain. Il a prévenu que les États-Unis «répondront» à cette cyberattaque, excluant qu'un autre pays ait agi avec Pyongyang.

Haut conseiller averti

Le patron de Sony a jugé «dommage que dans ce cas précis, le président, la presse et le public se trompent sur ce qui s'est réellement passé». Il a aussi affirmé que les dirigeants de Sony «avaient parlé à un haut conseiller de la Maison Blanche» et que l'exécutif américain «était bien au courant de la situation».

Le 24 novembre, Sony Pictures a fait l'objet d'une attaque informatique massive revendiquée par le «GOP» ou «Guardians of Peace» (Gardiens de la paix), attribuée par le FBI à la Corée du Nord. Ce piratage sans précédent a paralysé son système informatique et s'est accompagné de la diffusion en ligne de cinq films du studio dont certains non encore sortis.

Exploitants visés

Mercredi, alors que le GOP menaçait de s'en prendre aux salles de cinéma si «L'interview qui tue!» sortait comme prévu le jour de Noël. Les principales chaînes de cinéma américaines ont alors renoncé à le projeter. Sony Pictures a emboîté le pas.

«C'était leur décision», insiste le communiqué de Sony Pictures, qui attribue ainsi la responsabilité de l'annulation de la sortie du film aux exploitants. Cette décision a été fustigée par Hollywood comme étant un dangereux précédent et la porte ouverte à l'autocensure dans l'industrie du cinéma.

«Pas le choix»

«Pour être très clairs: la seule décision que nous avons prise sur la sortie était de ne pas le sortir le jour de Noël en salles (...) Sans les salles de cinéma, nous ne pouvions pas le faire. Nous n'avions pas le choix», argumente Sony.

Parallèlement, le syndicat des réalisateurs américains (Directors Guild of America ou DGA) a estimé dans un communiqué que la cyberattaque de Sony a mis en lumière l'étendue du pouvoir de nuisance des pirates informatiques. Il espère un mouvement de solidarité de la part de Hollywood pour soutenir Sony.

(ats)

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