Genève: Sortir les migrants de l'aide sociale par le travail

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GenèveSortir les migrants de l'aide sociale par le travail

Des places de préapprentissage vont être ouvertes à la rentrée 2018 pour des migrants déjà admis sur territoire helvétique. Objectif: améliorer leur intégration.

par
David Ramseyer
Des places de préapprentissage pour migrants vont s'ouvrir dans le secteur de la restauration. Des formations sont aussi prévues dans le domaine des soins.

Des places de préapprentissage pour migrants vont s'ouvrir dans le secteur de la restauration. Des formations sont aussi prévues dans le domaine des soins.

Gaetan Bally/Keystone

«Ces réfugiés ont déjà le droit de travailler, mais il leur manque une formation. Du coup, la plupart dépendent de l'aide sociale.» Pour Serge Baehler, directeur à l'Office genevois pour l'orientation et la formation professionnelle, le lancement du programme de préapprentissage d'intégration (PAI), porté par la Confédération, est une occasion à saisir. À la rentrée, 60 places seront disponibles au bout du lac pour certains migrants âgés de 16 à 35 ans (lire l'encadré). Ils pourront acquérir les bases scolaires qui leur manquent tout en se formant en entreprise, dans les secteurs de la restauration, des soins ou encore du nettoyage. Finalité: intégrer un apprentissage voire le marché du travail.

«La difficulté pour ces gens, c'est que leur niveau scolaire ne correspond pas aux exigences du monde professionnel. On a besoin de passerelles pour augmenter leurs chances de commencer une formation», plaide Bernard Manguin, porte-parole de l'Hospice général. L'opération permettra aussi, en plaçant ces personnes, de réduire les sommes allouées à l'aide sociale, assure l'Administration genevoise.

Adopté par le Conseil fédéral en 2015, le projet sera testé durant quatre ans. Il concerne toute la Suisse. Aujourd'hui, 19 cantons – parmi eux, tous les romands – ont fait part de leur intérêt. «Certains avaient encore des questions à nous soumettre ou des points à éclaircir, nous sommes maintenant en train de finaliser les contrats», précise Léa Gross, responsable du programme PAI pour le Secrétariat aux migrations.

En l'état, Vaud fera partie du programme dès la rentrée prochaine, confirme le Département cantonal de la formation. Une centaine de places seront ouvertes, dans tous les secteurs d'activité. «Les entreprises partenaires seront informées prochainement», précise l'Administration vaudoise. Fribourg, le Jura, le Valais et Neuchâtel seront également de la partie.

La Confédération prévoit l'ouverture de 800 à 1000 places de préapprentissage dans le pays, qu'elle financera à 60%, via un forfait de 13 000 francs par place et par an. Le reste sera payé par les cantons. «Pour notre part, pas besoin de demander des crédits supplémentaires, assure Serge Baeh­ler à Genève. Nous allons réallouer des ressources humaines ou encore immobilières pour le projet PAI.» Des évaluations du programme auront régulièrement lieu. Si le bilan dans quatre ans est satisfaisant, le projet pourrait être pérennisé et, pourquoi pas, «s'ouvrir à un public plus large», avance l'Hospice général.

Pas de places pour tous

N'entrera pas qui veut en préapprentissage. Outre un statut reconnu de réfugié ou une admission à titre provisoire, un niveau minimum de français sera exigé des candidats. «Leur motivation et leur expérience professionnelle au pays seront évidemment déterminantes dans le cadre de la sélection», précise le canton. Enfin, ils percevront une rémunération correspondant à un demi-salaire d'apprenti, «comme c'est la règle dans les stages de préqualification». Durant leur année de formation, les migrants passeront trois jours par semaine en entreprise et deux jours à l'école, où l'accent sera mis sur le français et les mathématiques. Les associations professionnelles, les entreprises du marché primaire de l'emploi ou encore l'Université ouvrière collaboreront au projet.

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