Football: SOS pour foot romand en détresse
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FootballSOS pour foot romand en détresse

De Sion à Genève via Neuchâtel ou Lausanne, ce n’est pas la joie pour les derniers milliers de supporters. Et si ce week-end apportait un rayon de soleil?

par
Simon Meier
Les stades romands - ici Tourbillon - se désemplissent progressivement. Certains supporters s'amusent donc comme ils peuvent...

Les stades romands - ici Tourbillon - se désemplissent progressivement. Certains supporters s'amusent donc comme ils peuvent...

Keystone

Le football, du moins l’a-t-on toujours conçu ainsi au risque de contrarier ceux qui y voient «bien plus qu’une question de vie ou de mort» (Bill Shankly), devrait être un objet de joie et d’émotion, de partage et de passion; bref, un truc sympa qui aide à affronter les turpitudes dont le quotidien est forcément truffé, surtout si on supporte un club romand. Et supporter, par les temps qui courent, c’est le bon mot… Parce que les quatre clubs francophones dits «d’élite» font grand peine à voir en ce tout début d’automne.

Le blues

Quel blues! Qu’on supporte les blanc et rouge ou les rouge et noir à l’étage supérieur, qu’on essaie de tolérer les bleu et blanc ou les grenat un cran en-dessous, il y a franchement de quoi broyer du sombre. Se faire un sang d’encre.

Xamax vient certes de sortir la tête du bac en battant Lugano (2-1) devant 3000 spectateurs et des poussières (snif). Mais surtout pas de quoi bomber le torse, avant de rendre visite au FC Zurich (dimanche 16h) et après la série ultra flippante que l’équipe a traversée (cinq défaites en autant de matches de championnat, 19 buts encaissés). Au moins les sympathisants neuchâtelois peuvent-ils se consoler en se disant que leur club applique une politique où continuité n’est pas un vain mot; qu’il cultive un esprit de copains parfois un peu naïf, qui fait chaud au cœur dans ce monde de brutes – mais ça ne rapporte pas assez de points.

Le bazar

Partout ailleurs, de Tourbillon au stade de Genève en passant par la Pontaise, c’est le bazar. L’arrivée de Murat Yakin en Valais a eu le mérite de faire diversion quelques jours, de déclencher bien des fantasmes. Mais deux défaites plus tard, la réalité se fait têtue, implacable: le FC Sion, comme souvent, se retrouve secoué de partout, trop instable pour exploiter les potentiels, bonifier les gens (on croise les doigts, Murat!). Reste que pour l’instant, cela ne donne pas grand-chose de bon sur le terrain. Déclic à Lucerne, dimanche après-midi? Ce serait bien parce que dernier de classe, vu les moyens déployés, c’est un bilan lamentable.

Si le marasme devait perdurer, les supporters sédunois pourront toujours se mettre du baume au cœur en jetant un œil sur la situation des deux superpuissances lémaniques de Challenge League. Lausanne a certes eu le mérite d’engranger des points. Mais la pauvreté du jeu présenté jusqu’ici par les joueurs de Giorgio Contini fait planer le spectre d’adieux glaçants à la Pontaise. L’objectif promotion reste parfaitement réaliste pour les Vaudois. Mais la manière laisse à désirer et tout d’un coup, le choc face au leader Wil (samedi 19h) prend un écho particulier. Et si ça se passe mal, ça commencera à grenouiller.

En attendant... le froid!

Comme on peut toujours trouver pire, il y a Servette. Aaah Servette, son temple vide et ses idées pas claires. Depuis trois ans, les finances sont les seules à être solides et la direction articulée autour du président Didier Fischer peine à dessiner un cap (on reste poli). Un faux-pas à Rapperswil (samedi 18h) et l’état de pré-crise sera déclaré autour d’Alain Geiger.

Voilà pour le triste tableau, tout du moins sous sa photographie actuelle, du foot romand d’élite. Bien sûr, on commence à avoir l’habitude de faillites en désillusions, mais c’est dur à supporter pour les supporters. Alors si en ce week-end, qui boucle le premier des quatre tours de Super et Challenge League, on pouvait avoir quelques signes de vie, d’espoir, ce serait pas mal. Pour le moral des derniers milliers de fidèles qui, en dépit des circonstances, suivent et aiment nos quatre fleurons. Et dire que bientôt, en plus, il fera froid dans les stades.

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