Actualisé 08.12.2017 à 12:29

Grande-BretagneSoulagement après le compromis sur le Brexit

La Commission européenne estime que des «progrès suffisants» ont été faits, notamment sur l'absence de «frontière dure» entre les deux Irlandes.

La voie à la discussion sur les futures relations entre Londres et Bruxelles est ouverte. Un compromis vient d'être conclu.

Après neuf mois de premières discussions sur le Brexit, la Commission européenne et le Royaume-Uni ont réglé leurs principales divergences vendredi. Mais la seconde phase des négociations s'annonce d'ores et déjà ardue.

Bruxelles et Londres se sont accordés sur la libre circulation des personnes. «Les citoyens pourront continuer à travailler et à étudier des deux côtés de la Manche», a déclaré devant la presse à Bruxelles le négociateur en chef de la Commission, Michel Barnier.

Les membres d'une même famille conserveront, par ailleurs, leur droit à rejoindre leur proche s'ils ne vivent pas au Royaume-Uni et inversement. Les habitants garderont aussi leur droit à la santé, à la retraite et aux autres prestations sociales.

Pas de «frontière dure»

Les deux parties sont également tombées d'accord sur la question irlandaise. Il n'y aura pas de «frontière dure» entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, a assuré la première ministre britannique, Theresa May.

L'Irlande, qui y voit un «très bon résultat» pour les habitants de l'île, a salué cette approche. «Nous sommes heureux de voir ces changements (...) Cela signifie qu'il n'y a pas de ligne rouge dans la mer d'Irlande», a renchéri la cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP Arlene Foster, allié au gouvernement de Theresa May.

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a elle estimé que l'absence de frontière dure entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande signifiait que Londres ne pourrait plus utiliser cet argument pour s'opposer à l'indépendance de l'Ecosse.

Quant à la facture du Brexit, les deux camps se sont accordés sur une méthode de calcul mais pas sur un montant final. La somme est estimée entre 40 et 45 milliards d'euros (entre 46,8 et 52,7 milliards de francs) par le Royaume-Uni. La Commission n'a toutefois pas confirmé cette estimation.

Du pain sur la planche

Au vu des progrès réalisés, la Commission recommande au Conseil européen, instance qui représente les Etats membres, de donner son feu vert à la deuxième phase des négociations sur le Brexit la semaine prochaine, lors d'un sommet à Bruxelles. Cela permettra d'ouvrir la discussion sur la future relation entre les 27 pays membres de l'UE et Londres en matière commerciale et d'évoquer la période de transition après la sortie du Royaume-Uni prévue en mars 2019.

«Le plus difficile est devant nous», a averti le président du Conseil européen, Donald Tusk, regrettant qu'«autant de temps ait été consacré à la partie la plus simple» des négociations. Le texte adopté vendredi «pourrait cependant servir de base à l'accord de retrait» final, a affirmé Michel Barnier.

Ce dernier a précisé que le dialogue sur une éventuelle période de transition commencerait «en début d'année» et «un peu plus tard sur la future relation» commerciale.

Selon M. Tusk, les Européens ont «naturellement» des conditions pour une période de transition durant laquelle le Royaume-Uni resterait membre du marché unique et de l'Union douanière. Réclamée par Theresa May elle-même, cette période pourrait durer deux ans.

Durant la phase de transition, les Britanniques resteraient soumis à la législation de l'UE, y compris aux nouvelles lois votées. Mais ils n'auraient pas la possibilité de participer au processus de décision.

La Bourse salue

Quant à un futur accord commercial, il ne pourra être finalisé et conclu qu'une fois le Royaume-Uni devenu un pays tiers. Michel Barnier estime qu'un accord de libre-échange «sur le modèle de celui établi avec le Canada» est l'hypothèse de travail privilégiée par les Européens.

Le patronat britannique appelle de ses voeux la conclusion d'un tel accord afin de mettre fin à l'incertitude qui pèse sur l'économie. Vendredi, il s'est toutefois montré rassuré par les annonces de Bruxelles et de Londres.

A la Bourse de Londres, les valeurs bancaires et immobilières, qui souffrent du Brexit, ont également fortement progressé. La livre a également atteint vendredi matin son plus haut niveau face à l'euro en près de six mois, avant de reperdre du terrain.

(ats)

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