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FranceSoupçonnée d'avoir étranglé sa fille de 17 ans

La justice française se penche toute la semaine sur la mort par strangulation d'une jeune fille en 2014. La mère, accusée, nie les faits.

La mère de famille aurait livré des faits inexacts à la police.

La mère de famille aurait livré des faits inexacts à la police.

Archives, AFP

Marie allait avoir 18 ans quand elle a été retrouvée morte dans son lit, étranglée, une dose massive de somnifères dans le sang. Sa mère comparaît à partir de mercredi devant les assises de Seine-et-Marne pour assassinat.

Le 17 février 2014, prévenus par la mère de la victime, des policiers découvrent le corps sans vie de la jeune fille dans son lit, dans un appartement de Maincy, près de Melun. La mère brandit une taie d'oreiller qu'elle explique avoir trouvée autour du cou de l'adolescente.

L'autopsie mettra en évidence des traces de strangulation et d'asphyxie. Et la présence de somnifères à un dosage dix fois supérieur au dosage thérapeutique.

Que s'est-il passé ce jour-là, en fin de matinée, dans cet appartement où la jeune fille vivait vraisemblablement seule, alors que sa mère, sans emploi, s'était installée chez son compagnon?

Faits contestés

Devant les enquêteurs et le juge, la femme alors âgée de 40 ans livre des éléments «inexacts», «fantaisistes», «incohérents». Et nie catégoriquement avoir tué sa fille.

Elle assure notamment aux enquêteurs avoir reçu un appel téléphonique d'un individu l'informant qu'il avait «tué sa fille car elle était séropositive et qu'elle l'avait contaminé», selon une source judiciaire. Une version rapidement infirmée par les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles, qui ont montré qu'elle avait elle-même passé ce coup de fil vers son propre téléphone portable depuis une cabine téléphonique, à l'aide d'une carte prépayée achetée le jour des faits.

Aucun ADN inconnu n'avait été découvert dans l'appartement où vivait l'adolescente, décrite par ses amis et connaissances comme une «jeune fille aimée et sans histoire, mais en conflit récurrent avec sa mère».

«Les policiers sont partis d'une hypothèse et ont construit un scénario autour», dénonce Me Quentin Dekimpe, qui défend l'accusée. Pour l'avocat, qui rappelle qu'on est «toujours sans mobile», «l'enquête présente des lacunes et les policiers devront s'expliquer de certaines choses».

Le père de la jeune fille, qui ne l'a pas élevée, s'est porté partie civile. Selon l'un de ses avocats, Avi Bitton, il attend désormais de «connaître les circonstances et les raisons de l'assassinat de sa fille». Le verdict est attendu lundi.

(AFP)

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