06.06.2016 à 10:56

JugementSoupçons de discrimination à Disneyland Paris

Une offre d'emploi publiée en 2006 précisait «si vous êtes majeur(e), intéressé(e) et de nationalité européenne».

Photo d'illustration.

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Keystone

Euro Disney, accusé par des associations antiracistes d'avoir voulu favoriser le recrutement de salariés exclusivement «européens», est-il coupable de discrimination à l'embauche? L'exploitant du plus grand parc d'attractions d'Europe sera fixé mardi. Après neuf ans de procédure depuis la plainte de SOS Racisme et de la Maison des Potes, le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) rend son délibéré mardi à 13h30.

L'affaire a commencé par une offre d'emploi publiée à trois reprises en 2006 dans le journal gratuit 20 Minutes, précisant «si vous êtes majeur(e), intéressé(e) et de nationalité européenne». A l'audience, qui s'est tenue le 25 mai au terme d'une instruction privée de tout témoignage de salariés, comme l'a regretté le tribunal, Euro Disney s'est défendu en invoquant l'«erreur humaine» et une formulation «maladroite et incomplète».

Offre d'emploi

Pour l'exploitant du parc, premier employeur privé sur un même site en France avec près de 15'000 salariés, ce «cas unique» est contredit par l'«exemplarité» du groupe en matière de diversité: 100 nationalités, 20 langues parlées, plusieurs prix de la diversité obtenus et l'existence d'une instance interne en charge des discriminations.

Même s'il a reconnu le caractère discriminant de l'offre d'emploi, le parquet a requis la relaxe sur une question de droit: selon le procureur, il n'est pas établi que le cadre ayant rédigé l'annonce ait commis l'infraction au titre de «représentant» d'Euro Disney plutôt qu'en son nom propre.

Ce n'est de toute façon pas l'amende de 225'000 euros maximum qui préoccupe le groupe coté en bourse aux 1,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, première destination privée de tourisme en Europe: «Nous sommes une cible médiatique, (..) cette plainte est un moyen de faire parler de soi», a déclaré à la barre Sophie Matelot, de la direction juridique du groupe.

Pratiques discriminatoires

Derrière elle, les associations antiracistes, engagées dans plusieurs procédures contre Euro Disney, dont une instruction toujours ouverte depuis 16 ans, ont tenté de démontrer que ce faux-pas était un révélateur de pratiques discriminatoires dissimulées: sur la base de témoignages non versés au dossier, elles accusent l'exploitant de «doser» la présence de noirs et de maghrébins, afin de correspondre à la clientèle du parc, en majorité européenne.

(AFP)

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