Liban: Le gouvernement libanais démissionne

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LibanLe gouvernement libanais démissionne

Le Premier ministre libanais a annoncé lundi soir la démission de son équipe contestée, six jours après l’explosion qui a fait au moins 160 morts.

C'est un incendie dans l'entrepôt où étaient stockées 2750 tonnes de nitrate depuis six ans sans «mesures de précaution», de l'aveu même de Hassan Diab, qui a provoqué l'explosion.

C'est un incendie dans l'entrepôt où étaient stockées 2750 tonnes de nitrate depuis six ans sans «mesures de précaution», de l'aveu même de Hassan Diab, qui a provoqué l'explosion.

Keystone/EPA

Le Premier ministre libanais a annoncé lundi soir la démission du gouvernement. Elle intervient après le départ de plusieurs membres de son équipe sous la pression de la rue. Celle-ci rend la classe politique responsable de l'explosion au port de Beyrouth.

Le chef du gouvernement, qui se revendique comme indépendant et à la tête d'une équipe de technocrates, a rendu la classe politique traditionnelle responsable de ses échecs et du drame du 4 août, lorsque 2750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées au port de la capitale depuis des années ont provoqué la gigantesque explosion.

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La partie nord des silos à grains endommagés lors de l'explosion d'un entrepôt, en août 2020 dans le port libanais de Beyrouth, s'est effondrée ce mardi 23 août 2022.

La partie nord des silos à grains endommagés lors de l'explosion d'un entrepôt, en août 2020 dans le port libanais de Beyrouth, s'est effondrée ce mardi 23 août 2022.

AFP
De nombreuses ONG demandent une enquête sur l'explosion qui est survenue au port de Beyrouth, au Liban, le 4 août 2020. (Mardi 15 juin 2021)

De nombreuses ONG demandent une enquête sur l'explosion qui est survenue au port de Beyrouth, au Liban, le 4 août 2020. (Mardi 15 juin 2021)

AFP
Le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab a été inculpé de négligence par le juge libanais chargé de l’enquête sur l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth en août. (Jeudi 10 décembre 2020, photo d'archives)

Le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab a été inculpé de négligence par le juge libanais chargé de l’enquête sur l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth en août. (Jeudi 10 décembre 2020, photo d'archives)

AFP

«Aujourd'hui, j'annonce la démission de ce gouvernement», a déclaré Hassan Diab dans un discours télévisé adressé aux Libanais.

«Corruption» plus forte que l'Etat

Il a fustigé la «corruption» ayant conduit selon lui le pays à «ce séisme qui a frappé le pays, avec toutes ses conséquences humanitaires, sociales et économiques». «La catastrophe qui a frappé les Libanais au coeur (..) est arrivée à cause de la corruption endémique en politique, dans l'administration et dans l'Etat», a dit le Premier ministre.

«J'ai découvert que la corruption institutionnalisée était plus forte que l'Etat», a ajouté amèrement M. Diab, un professeur d'université qui a formé son gouvernement en janvier.

Ce gouvernement, qui se présente comme une équipe de technocrates avait vu ses portefeuilles négociés par un seul camp politique, celui du mouvement chiite du Hezbollah et ses alliés, notamment le parti présidentiel, le Courant patriotique libre (CPL).

Le cabinet avait tenu une réunion lundi après-midi, au cours de laquelle la plupart de ses membres s'étaient prononcés en faveur d'une démission, avait déclaré à l'AFP Vartiné Ohanian, ministre de la Jeunesse et des Sports. Quatre ministres avaient déjà claqué la porte depuis dimanche, en raison de la terrible explosion qui a dévasté des quartiers entiers de Beyrouth.

Départ général exigé

La démission du gouvernement ne devrait cependant pas satisfaire le mouvement de protestation populaire qui réclame le départ de toute la classe politique.

Alors que M. Diab commençait son discours, des heurts se déroulaient dans le centre-ville aux abords du Parlement, des manifestants lançant des pierres sur les forces de sécurité qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes.

Le gouvernement Diab avait été formé en janvier après la démission de Saad Hariri sous la pression d'un soulèvement populaire inédit à l'automne 2019 contre une classe politique accusée de corruption et d'incompétence, quasi inchangée depuis des décennies.

(ATS/NXP)

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