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Scandale alimentaireSpanghero poursuivra le producteur de viande roumain

La société française Spanghero s'estime victime du producteur de viande roumain qui lui a livré du cheval à la place du bœuf pour les lasagnes surgelées Findus.

Dans les usines Spanghero, dans le sud de la France.

Dans les usines Spanghero, dans le sud de la France.

Archives, AFP

Spanghero, le fournisseur français de la viande pour des lasagnes de Findus, a affirmé samedi qu'il poursuivrait le producteur roumain auprès duquel il s'était approvisionné pour avoir livré du cheval à la place de bœuf.

La découverte de viande de cheval dans des lasagnes censées être au bœuf a provoqué un scandale au Royaume-Uni et entraîné le retrait vendredi des plats incriminés en France et en Suède.«Nous avons acheté de la viande de bœuf origine Europe et nous l'avons revendue.

S'il s'agissait bien de cheval, nous allons nous retourner contre le fournisseur roumain», a déclaré Barthélémy Aguerre, président de Spanghero, filiale de la coopérative basque Lur Berri.

«Ces derniers jours, nous avons eu des contrôles de la répression des fraudes. La viande était bien étiquetée bœuf», a-t-il assuré, joint par téléphone. Ce sont des pièces découpées dans la masse. On ne déballe pas«, s'est-il défendu. C'est écrit viande de bœuf et on renvoie», a-t-il insisté.Le président de Spanghero n'a pas livré le nom du fournisseur roumain, assurant qu'il ne l'avait pas sur lui.

Via Comigel

«Nous n'avons pas acheté ni vendu de la viande de cheval», a-t-il insisté. La viande de cheval trouvée en importantes quantités au Royaume-Uni (voire à hauteur de 100%) dans les lasagnes de la marque Findus était d'origine roumaine, a indiqué l'entreprise française Comigel, qui distribue ses articles dans 16 pays.

Comigel, filiale de la société luxembourgeoise Tavola qui avait vendu ces lasagnes, a ensuite indiqué s'être fournie chez Spanghero, qui lui aurait indiqué que la viande provenait d'un producteur roumain qui abat et découpe du bœuf et du cheval.

Le scandale sur la viande chevaline avait éclaté dès la mi-janvier lorsque les autorités irlandaises en avaient découvert dans de la viande hachée produite au Royaume-Uni et en Irlande et écoulée dans ces deux pays.

Mais l'affaire s'était amplifiée quand l'agence de sécurité alimentaire britannique a annoncé la détection de cheval dans des lasagnes.Dans un communiqué transmis par la société Spanghero, la firme précise «avoir acheté puis revendu des produits étiquetés minerai de bœuf désossé signé UE (origine Roumanie)à son client Tavola, conformément à sa demande».

Elle assure ensuite «qu'aucune transformation n'a été faite» sur ces produits et que les «analyses bactériologiques» pratiquées dans le cadre de son «autocontrôle systématique» se sont «révélées conformes à la réglementation».

Bactérie E. Coli en 2011

Elle précise enfin que la direction de la répression des fraudes a pu contrôler l'exactitude de ces affirmations et vérifier la «bonne foi» de la société.

Créée en 1970 à Castelnaudary par les rugbymen Claude et Laurent Spanghero, la société Spanghero est spécialisée dans les plats cuisinés et dans la viande fraîche transformée (viande tranchée, steak hachés, saucisses et autres produits élaborés).

La famille Spanghero s'est retirée de l'affaire en cédant le contrôle du groupe au printemps 2009 à la coopérative basque Lur Berri qui y a injecté 5,4 millions d'euros et en détient désormais 90%.

Dans un communiqué, la famille Spanghero a d'ailleurs tenu à souligner samedi soir qu'elle n'avait plus rien à voir avec la société et pour dénoncer toute confusion qui pourrait être faite.

«La famille Spanghero informe qu'elle n'est plus aux commandes de la société éponyme de Castelnaudary dont elle a cédé le contrôle en avril 2009», écrit Laurent Spanghero. «Elle n'est donc en aucune façon impliquée dans la tromperie dont a été victime la société Findus», ajoute-t-il.

Recentrée sur la transformation, la société de Castelnaudary emploie 360 personnes pour un chiffre d'affaires de 65 millions, indique son site internet. La société avait connu en juin 2011 une alerte à la bactérie E.Coli pathogène qui l'avait contrainte à retirer 12 tonnes de steaks hachés de la vente mais l'alerte s'était révélée fausse après analyses.

(AFP)

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