JO 2016: Spirig: «Je suis meilleure qu'il y a quatre ans»

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JO 2016Spirig: «Je suis meilleure qu'il y a quatre ans»

Apparue très affûtée devant la presse, à peine marquée par son vol, Nicola Spirig ne se soucie que d'elle-même.

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La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

Keystone
Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

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Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

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Nicola Spirig se sent plus forte qu'aux Jeux de Londres. «Cela ne signifie pas que je vais forcément gagner, mais je suis aujourd'hui une meilleure athlète qu'il y a quatre ans», a déclaré le tenante du titre, deux jours avant le triathlon olympique de Copacabana qui s'annonce spectaculaire.

Apparue très affûtée devant la presse, à peine marquée par son vol - elle n'est arrivée à Rio que mercredi -, Nicola Spirig ne se soucie que d'elle-même. «Le triathlon est un sport individuel, je devrai prendre mon destin en main quel que soit le déroulement de la course», dit celle qui s'annonce comme l'une des grandes favorites, avec l'Américaine Gwenn Jorgensen, pour cette épreuve de deux heures (1,5 km de natation, 40 km à vélo et 10 km de course à pied). Tel est du moins le «menu» officiel au programme. Mais l'incertitude subsiste.

Du mauvais temps est en effet annoncé pour le week-end à Rio, avec des vagues pouvant atteindre jusqu'à 3 m de haut à Copabacana. Difficile de nager dans ces conditions. La possibilité que le triathlon se transforme en duathlon (vélo et course à pied) a été évoquée. Une décision doit être prise vendredi soir (heure de Rio). Et les organisateurs auront ensuite toujours le loisir de redéfinir le programme jusqu'à une heure avant la course.

«Je pense que tout sera entrepris pour qu'on dispute bien un triathlon», a estimé Nicola Spirig. «Cela dit, un duathlon jouerait plutôt en ma faveur». Car la natation n'est pas le point fort de la juriste de Bülach. Son intention première sera de sortir de l'eau avec le moins de retard possible sur la tête. «Contrairement à Londres, plusieurs athlètes présentes ici sont de très bonnes nageuses. Il se peut qu'elles prennent de l'avance et collaborent ensuite à vélo pour tenter de prendre le large. Là, je devrai me montrer forte et ne compter que sur moi-même», a-t-elle expliqué.

Prête pour un sprint

Mais d'autres scénarii pourraient bien se produire, et Spirig, en perfectionniste, a tenté de tous les envisager. «Je suis probablement celle qui a étudié et regardé le plus souvent le parcours à vélo (sur vidéo)», précise-t-elle. Il s'agira notamment de franchir huit fois une montée particulièrement raide.

Le but de Nicola Spirig ne sera pas d'attaquer forcément là où tout le monde l'attend, mais par exemple d'imprimer une cadence élevée dès le sommet de la difficulté principale franchi. En sachant que plus le triathlon avance, moins elle aura à craindre, en principe. Ceux qui ont eu le privilège de la suivre à l'entraînement à St-Moritz cet été évoquent une athlète particulièrement forte en course à pied, notamment en résistance.

Spirig est capable, à 34 ans, d'accélérations dévastatrices et de sprints ravageurs. Mieux encore que celui qui lui avait valu la médaille d'or, à la photo-finish, aux dépens de la Suédoise Lisa Norden à Londres. A l'époque, elle avait abordé sa dernière ligne droite en ayant un début de crampes. Sans quoi elle aurait probablement gagné plus nettement. Preuve de ses qualités en course à pied, Spirig détient la meilleure performance suisse 2016 sur 3000 m (9'07''48), devant les spécialistes.

«J'ai déjà une médaille d'or, c'est un avantage. Je vais pouvoir prendre plus de risques que mes adversaires», estime encore la Zurichoise, revenue à un niveau qu'elle ne soupçonnait pas après sa fracture de la main survenue en mars à Abu Dhabi, en Séries mondiales. «Je suis fière de la façon dont j'ai su adapter ma préparation, grâce aussi à l'ingéniosité de mon coach, Brett Sutton.» Seules séquelles, non des moindres, Spirig porte encore dans son corps 23 vis et 3 plaques, posées après son opération. Pas de quoi la ralentir cependant.

«Son état d'esprit est excellent. Et voilà trois ans que nous travaillons spécifiquement pour cette épreuve», a lancé Brett Sutton, le coach australien de la championne olympique. Tout est en place....

(ats)

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