Bande dessinée: Spirou est bon pour l’asile

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Bande dessinéeSpirou est bon pour l’asile

Une nouvelle relecture des aventures du groom par Jul et Libon le plonge chez des dingues qui se prennent pour des personnages de BD. C’est léger et très drôle.

par
Michel Pralong

La bande-annonce de «Spirou chez les fous».

Jul et Libon/Dupuis

Attention, ceci n’est pas un tome de la série principale. C’est un Spirou revisité, même si l’on est à mille lieues de la noirceur de celui d’Émile Bravo ou du graphisme ligne claire de celui de Schwartz. Dans ce «Spirou chez les fous», le dessin est minimaliste façon cartoon et le scénario bien délirant. Normal, me direz-vous, vu le titre. Mais cela reste un joli bol d’air frais, qui nous enchante par ses références. Car cet album en est bourré, mais employées à bon escient et pour notre plus grand plaisir, puisqu’il n’y est question que de BD.

Dans cette histoire, concoctée par Jul, l’auteur de «Silex and the City» à qui l’on doit également les scénarios des derniers Lucky Luke, Spirou enquête sur la disparition de Fantasio. Il découvre qu’il est enfermé dans un asile où tous les pensionnaires sont atteints d’un étrange syndrome: ils se prennent pour des personnages de BD. De Titeuf aux Schtroumpfs, en passant par les Dalton et Snoopy, le professeur Herquin-Frangé (!), explique qu’il a dû «isoler les pathologies les plus lourdes, type personnages de fanzines et de BD indépendantes».

Fantasio se prend lui pour le capitaine Haddock et Spirou, aidé d’un Spip muet mais malin, aura bien du mal à le faire sortir de cet établissement situé comme il se doit à Angoulême, ville du plus célèbre des festivals de BD. Le dessin hyperefficace de Libon, qui fonctionnait déjà à merveille dans «Animal Lecteur» et «Les Cavaliers de l’Apocadipse» est parfait pour dessiner tous ces (faux) héros sans souci de ressemblance. Et Jul par cette facétie nous montre tout son amour (et sa connaissance) de la BD franco-belge. Un album qu’on aimerait presque à la folie, pour rester dans le thème.

«Spirou chez les fous», par Jul et Libon, Éd. Dupuis, 56 pages

«Spirou chez les fous», par Jul et Libon, Éd. Dupuis, 56 pages

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