Football: Spurs – Chelsea, la nouvelle bataille de Londres
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FootballSpurs – Chelsea, la nouvelle bataille de Londres

Tottenham et Chelsea s’affrontent mardi soir en demi-finale de Coupe de la Ligue. Depuis quelques années, leur rivalité s’intensifie. Jusqu’à l’excès.

par
Mathieu Aeschmann

Chelsea débarque à Wembley mardi soir pour défier Tottenham et Maurizio Sarri a bien été obligé d’admettre qu’il «avait sous-estimé cette rivalité». Comment en vouloir au technicien italien? Après tout, les animosités historiques du football londonien se situent plutôt à l’est (West Ham vs Millwall) ou au nord (Arsenal vs Tottenham). Et puisque Chelsea manque de voisins conquérants (Fulham et QPR ne font pas le poids), ses matches les plus chauds au XXIe siècle se concentraient face à ses rivaux pour le titre. Mais l’histoire est une science en mouvement et, depuis quelques années, ce duel entre les Spurs et les Blues s’impose comme la nouvelle bataille de Londres.

5000 policiers mobilisés

«Après notre défaite en novembre, mes joueurs étaient détruits dans le vestiaire. J’ai alors réalisé à quel point ce match contre Tottenham comptait pour le club et ses supporters, a poursuivi Sarri avant d’ajouter un peu de sel à cette demi-finale aller de Coupe de la Ligue. (Mauricio) Pochettino est un très bon coach mais je suis d’accord qu’il a besoin d’un trophée pour devenir une référence. J’espère que ce ne sera pas celui-là.» Puisque cette demi-pique ne devrait échauffer aucun esprit, il convient de remonter aux origines de cette nouvelle haine.

La première, identitaire, a fait resurgir les penchants antisémites d’une partie des supporters de Chelsea. Or quelques semaines après les insultes racistes proférées contre Raheem Sterling par quelques habitués de Stamford Bridge, la direction des «Blues» a publié un avertissement très ferme sur son site. Mardi soir, «aucun chant antisémite raciste ne sera toléré» et plus de 5000 policiers seront mobilisés aux abords de Wembley pour prévenir tout débordement. «Je préférerais que ce genre de supporters restent loin du match, a pour sa part insisté Eden Hazard. J’aimerais que les deux publics se respectent et viennent au stade pour les bonnes raisons.»

Pas sûr que l’appel du Belge soit entendu. Car l’animosité qui oppose Spurs et Blues se nourrit aussi, depuis quelques années, d’une rivalité sportive. Pour faire simple, grâce à Pochettino, Tottenham lutte aujourd’hui pour les mêmes objectifs que Chelsea: le titre ou au moins la Ligue des champions. Et contrairement à Arsenal, il le fait dans un style plus physique que les Gunners. «C’est toujours dur de perdre contre Tottenham, disait Frank Lampard il y a dix ans. Parce qu’ils en font un DVD qu’ils vont vendre pendant dix ans.» Le bon mot a vécu. Et la réalité du moment renvoie plutôt à la fameuse «bataille du Bridge», ce nul du printemps 2016 (2-2) qui avait contribué à écrire la légende d’Eric Dier (voir ci-dessus)

Douze cartons jaunes (M. Clattenburg avait oublié le rouge), une bagarre générale dans le tunnel, Pochettino qui déboule sur le terrain, cette soirée de sacre pour Leicester avait viré au chaos. Elle sera dans toutes les têtes, ce soir, sur le chemin de Wembley.

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