Tennis: Stan Wawrinka, son premier sacre et le «Big Three»
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TennisStan Wawrinka, son premier sacre et le «Big Three»

Lors d'un nouveau direct sur Instagram, le Vaudois a parlé de ce fameux Australian Open 2014, qui a agi comme un déclic.

Stan Wawrinka avec son trophée à Melbourne, en 2014.

Stan Wawrinka avec son trophée à Melbourne, en 2014.

Archives, Keystone

Les confidences continuent. Après ses apéros avec son ami Benoît Paire et sa discussion en face-à-face avec l'un de ses fidèles partenaires d'entraînement, Novak Djokovic, Stan Wawrinka avait rendez-vous cette semaine avec l'une des plus grandes joueuses de l'histoire, en la personne de Chris Evert, 65 ans, 157 titres en simple, dont 18 du Grand Chelem. Après avoir parlé de son confinement, tantôt seul à la maison tantôt en compagnie de sa fille de 10 ans - qui n'est apparemment pas fan de tennis -, le Vaudois a évoqué sa magnifique carrière couronnée de trois Grand Chelem, qui plus est à une époque appartenant aux trois meilleurs joueurs de tous les temps - c'est Andy Murray qui l'a dit récemment sur les réseaux sociaux.

Tout près de battre Novak Djokovic à l’Open d’Australie 2013 (défaite 12-10 au 5e set) et à l’US Open de cette même année (défaite 6-4 au 5e), le natif de Lausanne a avoué à l'Américaine avoir eu le déclic à Melbourne en 2014, l'année de sa première victoire en Majeur, à 28 ans. En quelques jours, et alors qu'il reste sur 14 défaites d'affilée contre le Serbe et 12 de suite face à Rafael Nadal - sans gagner un set (!) -, «Stan The Man» s'offre les deux hommes. «Novak, je suis entré sur le court en pensant que je pouvais vraiment le battre, et que si on allait loin, cette fois, je ne devais pas laisser passer l'occasion comme les deux fois précédentes. Rafa, c'est un peu différent. Pour ma première finale en Grand Chelem, j'étais relax, content d'être là, mais j'en voulais encore plus (…) J'ai débuté avec confiance et puis il y a eu sa blessure au dos pendant le match. Là j'ai commencé à y penser. Je me souviens au 3e set avoir regardé autour de moi, vu le trophée, et m'être dit. 'Oh, peut-être que je vais gagner un Grand Chelem'.»

Djokovic, préféré du Big 3

S’il possède un bilan négatif - comme quasi tout le monde - face aux trois monstres du «Big Three», «Stanimal» fait jeu égal - quatre victoires chacun - en Grand Chelem avec «Nole» depuis ce fameux quart de finale à Melbourne Park. «Dès trois, c'est celui que je préfère jouer, même s'il m'a battu à maintes reprises. J'arrive à faire ressortir le meilleur de moi-même contre lui et j'ai été chanceux aussi de le jouer plusieurs fois en cinq sets. Je pense que c’est face à lui que mon style de jeu est le plus dangereux, par rapport aux deux autres. Je peux évoluer pendant plusieurs heures en gardant ma puissance des deux côtés, en coup droit et en revers. C'est comme cela que je l'ai battu trois fois. Je sais qu'il sait que je serais là, que je ne vais rien lâcher. Je le connais tellement bien. Je sais que quand on entre sur le court, il se dit aussi 'peut-être qu'il va être en confiance, et si et si…' C'est ce qui fait la différence en Grand Chelem.»

Invité par Chris Evert à comparer avec Roger Federer et Rafael Nadal, le Suisse de 35 ans a reconnu que ce n'était pas la même limonade. «Le style de jeu de Federer est complètement différent de celui de Novak, il vous met tout le temps sous pression, sans savoir à quelle frappe vous attendre, il est très agressif, tout en variant bien son jeu donc c'est plus dur pour moi que d'affronter quelqu'un qui joue toujours la même balle, avec de la cadence (…) C'est le meilleur joueur de tous les temps, il a tout gagné, battu tout le monde. Il est meilleur que les autres et meilleur que moi.» Et Nadal? «L'intensité qu'il met dans chaque frappe, avec son bras gauche et ce rebond très haut. Ce n'est pas le meilleur serveur du circuit mais j'ai des soucis pour retourner sa balle slicée. Cela me met tout de suite sous pression et sur terre battue, à Roland-Garros, c'est presque impossible de le battre. Il faut oublier!»

Jérémy Santallo

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