20 ans de «Loft Story» - Steevy Boulay: «Ce serait indécent de ma part de ne pas assumer le Loft»
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20 ans de «Loft Story»Steevy Boulay: «Ce serait indécent de ma part de ne pas assumer le Loft»

L’émission culte a été diffusée pour la première fois sur M6 il y a pile vingt ans, le 26 avril 2001. L’un de ses candidats emblématiques revient sur sa participation et nous raconte à quel point cette expérience «incroyable» a changé sa vie.

par
Fabio Dell'Anna
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Steevy Boulay, 41 ans, dit être «un homme comblé» au niveau professionnel et privé.

Steevy Boulay, 41 ans, dit être «un homme comblé» au niveau professionnel et privé.

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Une image de Steevy à l’époque du «Loft». Il avait 21 ans.

Une image de Steevy à l’époque du «Loft». Il avait 21 ans.

Après 29 jours, Steevy sort de la maison. On peut le voir accompagné à droite de Kenza et derrière lui de Delphine.

Après 29 jours, Steevy sort de la maison. On peut le voir accompagné à droite de Kenza et derrière lui de Delphine.

Sygma via Getty Images

Il y a vingt ans exactement, M6 ouvrait les portes de «Loft Story». Et, par la même occasion, celles de la télé-réalité en France. L’émission réunissait plus de 7 millions de téléspectateurs lors des quotidiennes et 11 millions en prime time. L’une des raisons de ce succès, hormis la curiosité? Son casting. Parmi les candidats emblématiques, on se rappelle de Loana, Jean- Edouard ou encore Steevy Boulay. Nous avons contacté ce dernier par téléphone vendredi passé. Le jeune homme âgé de 21 ans à l’époque a réussi à marquer cette première saison grâce à sa personnalité, sa coupe piquante peroxydée et sans oublier son ami peluche «Bourriquet».

Depuis cette aventure le Français de 41 ans a su se créer une place dans les médias. Animateur de radio, gérant de discothèque, comédien, romancier, chroniqueur télé, Steevy Boulay est inarrêtable. Cette réussite, tout comme son parcours, il nous les explique avec émotion et nostalgie.

Quel souvenir gardez-vous de «Loft Story»?

Un souvenir impérissable. C’était une aventure extraordinaire et un moment très agréable. Je sais que l’émission a été beaucoup décriée. Mais, pendant que tout le monde se chamaillait, nous avons passé un excellent moment. C’était comme une colonie de vacances.

Pourquoi aviez-vous décidé d’y participer?

Oh! par curiosité! En réalité, ça n’a jamais été prévu. Un jour, alors que je regardais sur M6 ma série préférée «Une nounou d’enfer», j’ai vu l’annonce pour participer à «Loft Story». Je me suis dit: «Tiens, je vais appeler. Sait-on jamais.» Je suis tombé sur une charmante collaboratrice qui m’a posé plein de questions. Elle m’a informé que je remplissais les critères de sélection et qu’elle allait m’envoyer un questionnaire et une feuille de route. J’ai reçu la lettre de la production mais pas la feuille de route. Je ne savais pas où je devais envoyer mon dossier, s’il fallait une photo… Rien! Le temps a passé et j’ai revu l’annonce à la télévision. J’ai rappelé et expliqué mon problème. Finalement, j’ai tout préparé et la candidature est restée deux mois sur la cheminée. À l’époque, je travaillais beaucoup: entre mes 39 heures dans la restauration et les jeudis, vendredis et samedis en discothèque (ndlr.: toujours pour le travail), il ne me restait pas beaucoup de temps pour moi. Puis, j’ai enfin envoyé le tout. Je me dis que le destin tient parfois à rien.

À l’annonce de votre sélection, comment avez-vous réagi?

J’étais excité et ravi. C’était insensé. J’étais Alice au Pays des merveilles. (Rires.)

Vous êtes resté 29 jours sur 69 dans le «Loft», quel a été votre moment préféré?

Dans la maison? Certainement la soirée disco. On avait rigolé toute la soirée. Sinon ma sortie a été incroyable. Même dans mes rêves les plus fous, je n’avais pas imaginé ça.

Pourquoi?

J’ai pris un coup de massue. J’ai vu des gens avec des t-shirts à mon effigie. Il y avait des pancartes, des peluches «Bourriquet» partout… Je me disais: «Qu’est-ce que c’est que ça?» Je vous rappelle que le «Loft» était complètement hermétique. Aucune information n’était communiquée. Quand on sort et que l’on voit tout ça: wow! Au moment de la coupure pub sur M6, une petite fille m’a tendu le magazine «Télé 7 jours». En couverture, il était écrit: «Génération Steevy». (Il soupire.) C’était… Oh… C’était incroyable! Je suis sorti au bon moment.

Y a-t-il eu des dérapages à cause de l’alcool ou de la drogue dans «Loft Story»?

Non! Déjà pour la simple et bonne raison que le CSA (ndlr.: Conseil supérieur de l’audiovisuel) était sur notre dos. Vous imaginez bien qu’il n’y avait pas de drogue ou autre. On avait de l’alcool, mais il faisait partie de notre budget course. Si on remportait un défi, on gagnait plus d’argent pour s’acheter des cigarettes ou quelques bouteilles. Je ne fumais pas et je ne buvais pas vraiment, donc ça m’ennuyait. (Rires.)

Avec qui êtes-vous resté particulièrement proche?

J’adorais Delphine et Kenza! C’était mes deux piliers dans la maison et nous sommes toujours en contact. Nous avons un groupe WhatsApp avec les gens de la saison 1 et nous nous parlons souvent. Nous n’avons jamais vraiment coupé contact. Sauf avec Laure, Philippe et Aziz. Et Loana, qui a quitté le groupe en janvier.

Vous avez tendu la main à trois reprises à Loana pendant ces mauvaises périodes. Elle n’a jamais répondu à vos messages et vous avez dit ne plus vouloir en entendre parler. Si elle fait le premier pas, votre porte est-elle restée ouverte?

Bien entendu. C’est quelqu’un que j’estime. J’ai été blessé qu’elle ne me réponde pas alors que je voulais vraiment l’aider. Ça me fait plus de peine qu’autre chose. La moindre des choses est de répondre à un message, surtout quand on vous tend la main. Mais bien sûr que je serai là, si elle fait le premier pas.

Professionnellement, vous avez fait du chemin. Vous avez été animateur de radio, directeur de discothèques, comédien, romancier ou encore chroniqueur télé. Dans quelle activité vous sentez-vous le mieux?

J’ai vraiment la sensation d’être à ma place quand je suis sur scène. Cependant, il y a toujours du travail à faire. Rien n’est acquis. J’ai la chance d’avoir été très bien entouré dans le théâtre, de Georges Beller ou Claire Conty, par exemple. Laurent Ruquier m’a aussi appris plein de choses de manière générale. C’était mon université. Si je suis l’homme que je suis aujourd’hui, c’est un peu grâce à lui. Nous avons fait quatorze ans sur Europe 1, cela fait six ans sur «Les Grosses têtes», sans oublier sept ans sur France 2. Il m’a toujours accompagné.

Les débuts ont été compliqués ou vous vous êtes tout de suite senti comme un poisson dans l’eau?

Il y a eu un temps d’adaptation. (Rires.) Laurent n’aime pas les fainéants. Quand il donnait un livre à lire, je m’exécutais, contrairement à d’autres. Je savais que j’avais une chance énorme et qu’il était hors de question que je la laisse passer. Il faut toujours fournir un travail, c’est comme ça que l’on avance.

Avez-vous dû faire des concessions?

Oui, beaucoup. Si certains pouvaient lire des livres en deux heures, moi cela me prenait cinq jours. Je ne lis pas en diagonal, c’est sûr. Le premier bouquin que Laurent Ruquier m’a donné a été un ouvrage de 800 pages d’Umberto Eco. Au bout d’une semaine je n’étais même pas à la moitié du livre alors que je devais aller en week-end avec des amis. Je ne suis finalement pas parti et j’ai bossé. Il ne m’aura pas laissé un super bon souvenir. (Rires.)

Quelle relation entretenez-vous avec Laurent Ruquier?

J’ai beaucoup d’estime pour lui. Il est toujours de très bon conseil et a la tête sur les épaules. Je lui demande toujours son avis.

Lui avez-vous demandé son avis avant d’accepter d’être chroniqueur dans «Touche pas à mon poste»?

Évidemment. Il m’a dit: «Oui, pas de soucis. Avec plaisir.»

Et avez-vous hésité?

Non. J’ai côtoyé Cyril Hanouna à plusieurs reprises et il a toujours été très gentil. Il m’a toujours très bien reçu. Je suis très content d’avoir intégré cette équipe.

Comment s’est passé le recrutement?

Le directeur de sa boîte de production m’a appelé après l’émission des 20 ans du «Loft» pour me dire: «Cyril vous veut absolument demain.» J’ai accepté et ça s’est très bien passé. Il m’a proposé de revenir lundi et j’ai dit oui. Je suis très content d’y être occasionnellement. Ils ont tous été très accueillants.

Vous habitez au Mans et vous n’avez jamais songé à habiter Paris. Pourquoi?

Je suis comme un arbre. J’ai besoin de mes racines. C’est bien pour ça que je n’ai pas pété un câble. Je suis entouré de ma famille, mes amis de toujours, mes animaux… J’ai besoin de la vraie vie.

Referez-vous de la télé-réalité un jour?

Non. J’ai mis vingt ans à m’en sortir, ce n’est pas pour recommencer maintenant. En revanche, je n’ai aucun regret. Je ne serai pas là aujourd’hui, si je n’avais pas fait le «Loft». Et ce serait indécent de ma part de critiquer et de ne pas l’assumer.

Avez-vous encore des rêves au niveau privé et professionnel?

Même si je suis un homme accompli et heureux, on a toujours des rêves. Au niveau privé, j’aimerais avoir mon jardin botanique. (Rires.) Je passe la moitié de mon temps à m’occuper de mes plantes. Je suis vraiment passionné. J’en ai partout. Je n’ai pas de meubles, je n’ai que des plantes. L’été je m’occupe de mon jardin et je trouve que c’est le plus grand des luxes de pouvoir manger ses propres produits. Quant au niveau professionnel, je me dis que je peux toujours faire mieux. Je ne suis jamais content de moi et je trouve mes prestations nulles. Mais j’ai un peu goûté à tout et mon rêve est de continuer d’être au théâtre et de m’amuser.

Vous avez bientôt un projet sur les planches?

Oui, une pièce en juillet prochain avec Jean-Pierre Castaldi et Philippe Beglia qui s’intitule «Les beaux-pères». Nous sommes prêts à partir en tournée. Et évidemment on pourra toujours me retrouver aux «Grosses Têtes» et dans «TPMP». Je suis un homme comblé.

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