29.10.2020 à 10:59

ChroniqueStefan Küng: «Être un leader»

Retrouvez la chronique que le champion suisse de vélo tient dans «Le Matin Dimanche».

von
Stefan Küng
KEYSTONE

C’était vraiment une année de folie! Quand je repense à ce premier stage de préparation en altitude, début février dans la Sierra Nevada, et aux objectifs qui étaient alors les miens Normalement, il y aurait dû y avoir les Jeux olympiques, puis les Mondiaux en Suisse, et la grande question était de savoir comment gérer ces deux événements majeurs. Pendant ce temps-là, on entendait qu’il y avait un virus en Chine, mais nous n’aurions jamais imaginé qu’il allait à ce point changer nos vies. Je revois notre directeur Marc Madiot, le 1ermars, en train de nous dire: «Les gars, c’est peut-être votre dernière course avant longtemps.»

Il faut souligner la grande faculté d’adaptation du cyclisme. Même pendant le confinement, on a su faire vivre notre sport, grâce au Tour de Suisse virtuel notamment. Ensuite, à part Paris-Roubaix, toutes les principales courses ont eu lieu, avec très peu de cas positifs au Covid-19. C’est le point le plus important, notamment si on pense à l’avenir - parce qu’on ne sait pas comment les choses vont évoluer.

Ce virus m’a permis de passer plus de temps que d’habitude à la maison avec ma copine, ma famille, mes amis, c’était chouette. Mais cette période m’a aussi rappelé à quel point le vélo est ce que j’aime le plus au monde. Les jours où j’ai été le plus malheureux, ce sont les jours où je ne pouvais pas aller rouler.

Au final, et en attendant de voir si les Championnats de Suisse auront lieu, j’aurai eu 47jours de course en 2020. Il y a bien sûr eu des moments noirs, comme ma maladie juste avant le Tour des Flandres, qui m’a empêché d’être à 100%, ou la déception du Tour de France, avec la fin de nos ambitions au général à cause d’une chute de Thibaut Pinot. Mais les déceptions, les chutes, feront toujours partie du sport. En termes de performances, j’ai à mes yeux vécu une belle année. Avec le titre de champion d’Europe du chrono et la médaille de bronze aux Mondiaux, je peux dire que j’ai atteint mes principaux objectifs, ceux pour lesquels je m’étais préparé.

Cette année, j’ai aussi appris à endosser mon rôle de leader. L’an passé, à mon arrivée dans l’équipe, j’avais eu du mal à assumer ce statut. J’avais pris conscience des responsabilités qui étaient les miennes, mais je les vivais comme une charge. Maintenant, je les vois comme un privilège. Quand tu as des coéquipiers qui donnent tout pour toi, comme les deux qui m’ont ramené après ma chute dans Gand-Wevelgem, c’est quelque chose qui rend fort. Et quand tu vois qu’ils le font avec plaisir, parce qu’ils croient en toi, ça donne encore confiance.

Nous sommes fin octobre, j’ai beaucoup couru depuis août et je suis pourtant déjà impatient de recommencer. C’est bon signe, je ne me sens pas fatigué dans ma tête et j’ai déjà à l’esprit mon gros objectif pour 2021, les Jeux olympiques. Il y aura aussi les Classiques et le Tour de Suisse, pour le reste on verra. Avant cela, je vais quand même prendre un peu de vacances. Mais d’habitude, on part au lendemain de la dernière course. Là, évidemment, on n’ose pas trop réserver des billets. Cette année 2020 aura décidément été folle jusqu’au bout.

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Ana-Maria Crnogorcevic, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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3 commentaires
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Mo Vèzlangue

29.10.2020 à 11:04

J'ai lu "être un dealer". Sans doute parce qu'il s'agit de cyclisme !