Chronique: Stefan Küng: «Pyramide en chantier»
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ChroniqueStefan Küng: «Pyramide en chantier»

Retrouvez la chronique que le cycliste tient dans «Le Matin Dimanche».

par
Stefan Küng

Tout continue à être très particulier depuis un an. Après une saison si spéciale, qui s’est terminée par mon titre de champion de Suisse le 31 octobre, la coupure a été plus courte que d’habitude. Je suis resté à la maison avant le premier stage de décembre avec l’équipe. Il y a eu les shootings, les tests médicaux et puis on a passé dix jours à Saint-Raphaël, sur la Côte d’Azur, pour rouler un peu. Mais tout était très bizarre.

Normalement, c’est le moment où tu vois tout le monde, y compris certains coureurs que tu ne recroiseras pas le reste de l’année. Là, nous étions divisés en petits groupes, il y a eu moins de repas en commun, moins d’échanges, moins de partage. J’ai ensuite eu quelques jours tranquilles chez moi, pour Noël. Puis j’ai passé une semaine à La Punt, en Engadine.

Là-bas, j’ai mes habitudes. J’y fais un stage en altitude l’été et une semaine l’hiver, souvent avec du ski de fond le matin et du rouleau l’après-midi. Je fais du ski de randonnée aussi, avec ma copine qui apprécie beaucoup le coin. Ce ne sont pas de vraies vacances, parce qu’il y a du travail. Mais c’est agréable de passer du temps au grand air, loin de tout. C’est bon pour le corps et pour la tête. Pour moi, cette parenthèse constitue un petit bloc d’entraînement entre deux stages. Parce que deux jours plus tard, je partais pour Majorque avec l’équipe nationale.

Swiss Cycling, sachant que les équipes organisent moins de stages que d’habitude en raison de la pandémie, a mis sur pied celui-ci, et heureusement. On était 24 en tout, avec des pistards, des jeunes. Comme il n’y avait que deux soigneurs, on ne passait au massage que tous les trois jours, mais c’était vraiment sympa de pouvoir rouler avec d’autres. La météo n’a pas toujours été bonne, mais on a eu de belles journées. Nous sommes entrés dans une phase intense de préparation, en termes de volume, et ça fait du bien de vivre ça aussi en groupe.

Je suis rentré jeudi soir de Majorque et le 24 janvier, après un aller-retour à Paris pour la présentation officielle de l’équipe, nous partons deux semaines et demie dans la Sierra Nevada, pour un nouveau stage. Ce sera le moment de monter en puissance, même si les courses me paraissent encore loin, dans ma tête.

Si on prend l’image d’une pyramide, je suis en train d’en poser les bases, en travaillant sur la force, le physique. Il faut soigner ce socle, mais sans vouloir en faire trop trop vite, parce que les vrais objectifs interviennent plus tard dans la saison. En fait, il y a des devoirs à faire, mais sans forcer. Comme l’an passé, je m’alignerai pour commencer sur le Tour d’Algarve (17-21 février), une épreuve qui doit constituer le dernier étage de la pyramide, au niveau de ma préparation. Viendront ensuite les classiques du printemps, dont ma priorité No 1, Paris-Roubaix, une course sur laquelle j’ai tellement envie de briller… Je profite de cette chronique pour vous souhaiter une excellente année 2021. Des résolutions? On les oublie vite, de toute façon. De mon côté, je me fixe toujours un ou deux petits trucs entre moi et moi, mais ça reste personnel.

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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