CYCLISME: Stefan Küng: «une pause loin du cyclisme n'est peut-être pas si mal»

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CYCLISMEStefan Küng: «une pause loin du cyclisme n'est peut-être pas si mal»

Victime d'une fracture d'une vertèbre lors du dernier Giro, le Thurgovien de 21 ans prend son mal en patience durant sa convalescence. Toujours cloué au lit, il a répondu aux questions du «Matin».

par
Stéphane Combe
Stefan Küng sait qu'il lui reste encore du temps avant de retrouver son vélo et la compétition.

Stefan Küng sait qu'il lui reste encore du temps avant de retrouver son vélo et la compétition.

Keystone

Surpris par la chute de deux coureurs devant lui, Stefan Küng avait quitté le Giro avec une vertèbre cassée au soir de la 12 étape. «Le Matin» a pris des nouvelles du jeune champion du monde de poursuite, qui s'était notamment imposé à Fribourg lors du dernier Tour de Romandie.

Stefan Küng, comment se passe votre convalescence ?

Ça va plutôt bien par rapport à ce que ça pourrait être… Mais la plupart du temps, je dois rester allongé dans mon lit. C'est dur à vivre. Normalement j'ai l'habitude de m'entraîner, de faire du sport et d'autres choses. Là il fait beau, mais je dois rester chez moi. Du coup je lis beaucoup. J'ai aussi la chance d'avoir beaucoup de visites d'amis et de membres de ma famille,

Ressentez-vous encore des douleurs dans le dos ?

Oui, je ressens toujours une forte pression quand je reste debout de manière prolongée. Normalement, quand je suis allongé je ne sens pratiquement rien. Mais le médecin m'a dit qu'il fallait bien me rendre compte que la vertèbre est cassée, et que ça dure trois mois pour guérir complètement. Il faut avoir de la patience et être prudent pour que tout se passe bien, sans complication.

Avez-vous eu droit à des excuses de la part des coureurs qui ont causé cette chute ?

Non, mais ils n'ont pas besoin de s'excuser. C'est une chute qui peut arriver. Eux aussi ont fini à l'hôpital. J'espère qu'ils vont bien. J'ai vu sur Twitter que l'un des deux a dû faire des points et a perdu des dents, mais sinon il va bien je crois. C'est important, parce qu'au final nous sommes tous des collègues. Personne ne souhaite de mal à l'autre.

Comment considérez-vous la gravité de cette blessure qui vous est arrivée ? Peut-on en apprendre quelque chose à 21 ans ?

Une situation comme ça, ça peut arriver à tout le monde. C'est le risque. Je me suis d'abord demandé pourquoi ça m'arrivait… Mais ça ne sert à rien d'y penser trop longtemps, on ne peut rien changer. Cette blessure va me servir pour le futur, sans doute. Jusqu'à présent, je n'avais pas connu de blessure grave. Et peut-être qu'une pause loin du cyclisme pendant quelques semaines ou mois n'est pas si mal.

Avez-vous vraiment tiré un trait sur la saison de route ?

Pour l'instant, je ne me donne pas de date de retour. Je ne me fixe pas de rendez-vous spécial. L'important, c'est la guérison. Que tout aille bien. En plus c'est la colonne vertébrale, c'est délicat, il faut faire très attention. J'espère encore revenir sur route cette saison. Mais je ne vise pas de résultat, simplement de reprendre le rythme de course. Et j'aurai ensuite une certaine fraîcheur pour la saison de piste.

On vous compare déjà trop souvent à Fabian Cancellara, et vous voilà victime d'une blessure similaire à celle vécue par le Bernois il y a quelques mois...

Ce n'est pas exactement la même fracture, mais c'est vrai, il s'agit de la même partie du corps. Je ne crois pas trop aux coïncidences. Je n'aime pas trop réfléchir à ces choses-là. Mais c'est vrai que pour le coup, c'est plutôt rigolo.

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