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Procès EternitStephan Schmidheiny attend le verdict avec sérénité

Stephan Schmidheiny attend le verdict final dans le procès de l'amiante en Italie avec sérénité.

Keystone

Stephan Schmiedheiny se montre serein dans l'attente du verdict du procès Eternit.

«Par moments, j'ai ressenti de la colère. Mais au début du procès en deuxième instance, toute l'absurdité de ce processus m'est apparue», déclare-t-il dans une interview accordée à la NZZ am Sonntag.

«Le juge m'a comparé à Hitler et mes actions avec la solution finale. J'ai alors compris que je ne pourrais rien faire avec ce système», a déclaré Stephan Schmidheiny.

En février 2012, la justice italienne avait condamné Stephan Schmidheiny à seize ans de prison pour avoir provoqué la mort de près de 3000 personnes, ouvriers ou riverains d'usines du groupe Eternit S.p.a Gênes, en lien avec l'amiante.

La Cour d'appel avait alourdi la peine à 18 ans avant que le milliardaire n'annonce son intention de porter le jugement devant la Cour de cassation. La plus haute instance judiciaire en Italie devrait vraisemblablement rendre sa décision encore cette année, selon Stephan Schmidheiny.

«Pour moi, ce que j'ai fait à l'époque est toujours la meilleure chose que j'ai faite en tant qu'entrepreneur», explique Stephan Schmidheiny. Ce dernier affirme s'être rapidement retiré de l'activité de transformation de l'amiante, malgré une forte incertitude.

«On ne savait rien»

«Il est facile de dire aujourd'hui que l'on connaissait les risques pour la santé au début des années 70. En réalité, on ne savait rien». A l'époque, il n'existait que quelques théories médicales controversées. «J'ai toutefois décidé et mis en œuvre un retrait bien avant que la transformation de l'amiante ne soit interdite», souligne Stephan Schmidheiny.

Stephan Schmidheiny, né en 1947, est maintenant philanthrope et président de la fondation Avina. Il parle volontiers de sa vie privée et dit avoir réappris à vivre suite à une déchirure à l'aorte il y a six ans. «Depuis lors, je me suis de plus en plus distancé des événements quotidiens», explique-t-il. «C'est exactement ce que je veux: du calme et une certaine distance, y compris sur le monde».

Méditation et culture

Aujourd'hui retraité, Stephan Schmidheiny s'adonne d'une demi-heure à une heure de méditation chaque matin avec sa femme. Il consacre également beaucoup de temps à la lecture et à la culture.

Il a ainsi appris le projet de fusion entre Lafarge et Holcim - la cimenterie de son frère Thomas - par les journaux. «Je ne suis ni impliqué, ni affecté par cette fusion», dit-il. Les deux frères ont une bonne relation. «Mais nous avons vraiment peu de contacts», admet Stephan Schmidheiny.

(ats)

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