Actualisé 23.05.2019 à 06:30

Stéphane Henchoz a quelques nuits blanches devant lui

Football

Alors qu'il sait désormais que le maintien de son équipe passera par les barrages, le coach de Xamax devra faire des choix.

par
Florian Müller, Neuchâtel

Il ne faut pas se leurrer. Si Neuchâtel Xamax est passé en 4-3-3 dès l’heure de jeu face à Lugano, et qu’il a dans la foulée exercé une pression conséquente sur la cage de Baumann avec du jeu et des occasions à la clé, c’est parce qu’il n’avait plus rien à perdre. Sa place de barragiste était à ce moment-là scellée.

Libérés – façon de parler – les Neuchâtelois sont allés chercher des sensations positives qui s’avèreront sans doute utiles au moment de préparer la double confrontation face à Aarau ou Lausanne. Mais il ne faut pas s’attendre au même plan de jeu au coup d’envoi le 30 mai à la Maladière. Non, car là Xamax jouera à nouveau gros, soit son maintien dans l’élite.

Stéphane Henchoz le sait mieux que personne. Au sortir de la rencontre, il a d’ailleurs insisté sur le fait qu’en procédant à ce remaniement tactique, ses hommes avaient également offerts d’énormes libertés aux Luganais que ces derniers n’ont pas su concrétiser. Et c’est bien une rencontre à la vie à la mort qu’il s’agit maintenant de préparer, avec un retour vers le 5-3-2 éprouvé et plusieurs interrogations à la clé.

La première, sans doute centrale, trouvera déjà un élément de réponse samedi sur la pelouse du Parc Saint-Jacques. Au coup d’envoi d’un match pour beurre, le coach des rouge et noir choisira-t-il de faire largement tourner, ou préfèrera-t-il maintenir ses cadres dans le rythme de la compétition? Une question capitale, d’autant plus que Doudin, Pululu, Ramizi, Sejmenovic, Walthert sont notamment menacés de suspension en cas de carton jaune. Le coach le sait, mais il a préféré laisser planer le mystère sur la question, à juste titre.

Une autre interrogation concerne le «cas Raphaël Nuzzolo». L’homme n’avait jamais manqué un penalty de sa carrière (20 sur 20). Mercredi soir, il a trouvé la latte de Baumann, échouant pour la troisième fois consécutive en six semaines. De là à dire qu’un blocage psychologique pourrait se dessiner, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Mais si Xamax devait obtenir un penalty lors du barrage, est-ce que le buteur jusque-là providentiel s’en chargerait? «Il faut que nous en discutions ensemble» a sobrement balayé Henchoz.

La dernière donnée concerne l’état d’esprit de ses troupes. Pour la première fois de la saison, Xamax sera favori d’une rencontre. «Nous l’avons déjà été, a coupé le coach. Ou, en tout cas, on nous a déjà fait porter ce costume, notamment lors des trois derniers matches où nous pouvions encore nous sauver directement.» Soit face à Saint-Gall, Zurich et Sion; à chaque fois Xamax s’est incliné sur la plus petite des marges et dans des circonstances toujours cruelles. Ces défaites ont sans doute marqué le groupe rouge et noir, il faut désormais les oublier, une entreprise d'autant plus délicates que certains titulaires pour l'heure indiscutables ne se sont pas vus proposer de contrat en vue de la saison prochaine. Pas facile de tourner la page dans ces conditions.

Stéphane Henchoz, pour ses deux dernières rencontres à la tête de Neuchâtel Xamax, a donc de quoi passer quelques nuits blanches. Rassurons-nous: il en a l’habitude.

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