Football - Stéphane Henchoz: «L’opportunisme fera la différence»
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FootballStéphane Henchoz: «Le talent offensif et l’opportunisme feront la différence»

Manchester City part favori de la finale de la Ligue des champions. Samedi à Porto, Chelsea ne se présentera toutefois pas en victime expiatoire. Analyse des forces en présence avec Stéphane Henchoz.

par
Emile Perrin
Les deux coaches ont un beau défi devant eux.

Les deux coaches ont un beau défi devant eux.

AFP

Qui succédera au Bayern Munich? La Ligue des champions s’apprête à rendre son verdict. Samedi soir à Porto (21 heures), Manchester City tentera de s’offrir une première coupe aux grandes oreilles. Chelsea une deuxième. Une pléiade de stars pour un affrontement qui pourrait faire des étincelles. En fin connaisseur du football anglais, Stéphane Henchoz nous livre sa lecture de cette finale.

«Ce sera une belle opposition de styles qui peut déboucher sur un match super intéressant», entame le Fribourgeois. «Avec Manchester City, on a ce qui se fait de mieux en Europe cette saison. Si ce n’est pas la meilleure équipe du continent, on n’en est pas loin. En face, depuis son arrivée à Noël, Thomas Tuchel a stabilisé le bateau Chelsea. Le style est peut-être un peu moins sexy, mais les résultats sont là.»

L’apport de Ruben Dias

Champions d’Angleterre, les Citizens de Pep Guardiola ont les faveurs de la cote. «Manchester City a dominé la saison. C’est une équipe joueuse, qui veut imposer son style, en conservant un maximum le ballon», détaille Stéphane Henchoz.

Si les Mancuniens disputeront leur première finale de C1, c’est qu’ils ont peut-être trouvé ce qui manquait encore à leur panoplie. «L’équipe est plus complète que les saisons précédentes. Notamment parce qu’elle a effectué beaucoup de progrès défensivement parlant, relance l’ancien de Liverpool. En ce sens, l’arrivée de Ruben Dias a été déterminante. Outre ses qualités propres, il a permis à Stones d’enfin devenir le joueur qu’on attendait qu’il soit.»

Comme pour toute grosse cylindrée qui se respecte, la liste d’arguments mérite encore quelques lignes. «Guardiola bénéficie également d’un banc exceptionnel. Avec cinq changements à sa disposition, il peut faire entrer autant d’armes qui pourraient être des titulaires. Tous les voyants sont au vert. City est équipé pour aller au bout», analyse encore Stéphane Henchoz.

«Il faudra plus probablement s’en remettre au talent d’un joueur offensif pour que la différence se fasse.»

Stéphane Henchoz

Mais Chelsea n’est pas dépourvu d’arguments pour autant. En premier lieu, la victoire des Blues sur la pelouse de son adversaire le 8 mai dernier (2-1) peut peser dans la balance. «Les deux entraîneurs n’avaient pas aligné leur équipe-type, précise Stéphane Henchoz. Mais les Londoniens savent qu’ils peuvent battre City et psychologiquement ce n’est pas anodin. Aussi parce que Thomas Tuchel a apporté cette stabilité défensive qui faisait défaut auparavant. Avec Frank Lampard, Chelsea était tourné vers l’avant, mais encaissait beaucoup trop de buts. Il est désormais extrêmement difficile de le prendre en défaut.»

Ce qui ne rend pas les Blues inoffensifs. Loin de là. «Chelsea se projette très rapidement vers l’avant à la récupération du ballon. Cette équipe se procure toujours des chances de but. Et, avec le talent de ses joueurs offensifs, elle n’a pas besoin de beaucoup d’occasions pour trouver la faille.»

Petit avantage City

Le talent. Le mot est lâché. C’est sans doute là qu’il faut trouver la clé de cette partie. «Les bourdes sont de plus en plus rares à ce niveau. Je vous dis cela et cette finale va se jouer sur un fait de jeu, rigole Stéphane Henchoz. Mais il faudra plus probablement s’en remettre au talent d’un joueur offensif pour que la différence se fasse. Un éclair de génie et de l’opportunisme, car les occasions de but ne seront pas extrêmement nombreuses.»

Il s’agira également d’appréhender la nouveauté. «Malgré la longue liste de stars qui composent les deux équipes, peu de joueurs ont fait l’expérience d’une finale de Ligue des champions. Cela prouve la difficulté d’arriver à ce stade de la compétition, note encore l’ancien international. Les entraîneurs l’ont. Tuchel a perdu l’an passé. Guardiola a remporté la compétition, même si cela commence à dater. À ce niveau, c’est du 50-50. Plus globalement, City est légèrement favori.»

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