JO de Tokyo - Steve Guerdat: «Balayons devant notre porte»
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JO de TokyoSteve Guerdat: «Balayons devant notre porte»

Le cavalier jurassien a évoqué sans détour le nouveau format des épreuves olympiques de saut d’obstacles, samedi après le concours par équipes. Mais il a aussi dit que la Suisse devait faire son autocritique, après ces JO décevants.

par
Jérôme Reynard
(Tokyo)

La Suisse était loin du compte. Presque de quoi atténuer la frustration, à entendre Steve Guerdat à l’heure de l’analyse. Le cavalier jurassien ne se voilait pas la face pour autant. «C’est beaucoup de déception, concédait-il. Le résultat est très lourd, car les attentes étaient hautes.»

Trois jours après une finale individuelle disputée en l’absence de Steve Guerdat (éliminé en qualifications) et qui avait vu Beat Mändli se retirer puis Martin Fuchs se classer à la 16e place seulement, la Suisse a dû se contenter du cinquième rang du concours par équipes de saut d’obstacles, samedi à Tokyo. Loin derrière la Suède, les États-Unis et la Belgique.

«On était du mauvais côté de la barrière cette fois, mais je suis persuadé qu’on peut se donner rendez-vous dans trois ans à Paris. On va revenir plus forts.»

Steve Guerdat
Steve Guerdat et «Venard de Cerisy» en action, aux Jeux olympiques de Tokyo.

Steve Guerdat et «Venard de Cerisy» en action, aux Jeux olympiques de Tokyo.

AFP

Huit points de pénalité pour Martin Fuchs («Clooney 51»). Seize pour Bryan Balsiger («Twentytwo des Biches»). Quatre pour Steve Guerdat («Venard de Cerisy»). C’était trop, malgré l'exigence du parcours. «C’était vraiment à la limite de ce que nos chevaux peuvent sauter, déclarait le cavalier de 39 ans. Mais on n’a pas répondu complètement présent. Il nous a manqué les cinq derniers pour cent qui font une énorme différence à ce niveau. C’est le sport: il faut des gagnants et des perdants. On était du mauvais côté de la barrière cette fois, mais je suis persuadé qu’on peut se donner rendez-vous dans trois ans à Paris. On va revenir plus forts.»

La question du format

Avec les No 2 (Fuchs) et 3 (Guerdat) mondiaux, la Suisse semblait armée pour ramener au moins une médaille du Japon. «C’était l’objectif, du coup il n’est pas atteint», convenait le sélectionneur Michel Sorg. Le nouveau format instauré pour les JO 2020 a-t-il particulièrement perturbé les cavaliers helvétiques?

«J'ai déclaré il y a trois ans déjà que j'étais complètement contre ce format, que c’était une honte.»

Steve Guerdat

«Soyons honnêtes: ce système ne convient à personne, répondait le chef d’équipe. Il y a des nations qui ont disparu du tableau parce qu’une chose s’est mal passée. On l’a vu avec les Irlandais en qualifications, disputées sur une seule manche (ndlr: comme lors du concours individuel fatal à Steve Guerdat). Ça ne laisse aucune marge. On doit pouvoir se retourner. On travaille avec un animal. Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. On est assez loin de l’esprit sportif qu’on a envie d’avoir.»

«Et puis, qu’il n’y ait pas de score à barrer en finale de l’épreuve par équipes, c’est difficile aussi, poursuivait Michel Sorg. Regardez ce qui est arrivé à la France (ndlr: éjectée du podium samedi après le passage de la troisième cavalière alors que l’équipe était en tête). Je ne parle pas uniquement de la Suisse. On est tous dans le même navire. Et ça n’enlève rien au prestige des médailles, qui ont été remportées par les meilleurs ici à Tokyo.»

Autocritique

Steve Guerdat allait dans le même sens. «J'ai déclaré il y a trois ans déjà que j'étais complètement contre ce format, que c’était une honte, pestait le double médaillé olympique. Sans aucune prétention, j'ai nommé absolument tous les problèmes qu'on a vus ici. Lors de l'assemblée générale des cavaliers, j'ai déclaré devant tout le monde, président de la FEI compris, que jamais je ne voulais pas que notre nom soit associé à l'idée de ce nouveau schéma. Il fallait juste réfléchir un peu.»

«Maintenant, ce n’est pas aujourd'hui qu'on va retourner critiquer ça, concluait le Jurassien. Soyons déjà critiques envers nous-mêmes, balayons devant notre porte. On n'a pas été assez bons. La politique, ce sera pour plus tard.»

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