Actualisé 04.08.2019 à 19:48

ChroniqueSteve Guerdat: «La réussite tient parfois à si peu de chose»

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

par
Steve Guerdat

En concours hippique comme dans beaucoup d’autres sports, on a parfois des séries de succès et… le plus souvent des séries d’échecs! Une faute tient à peu de chose, une barre qui tremble et qui hésite, qui tombe ou ne tombe pas, un tournant audacieux qui marche ou pas.

Ce printemps, depuis la finale de la Coupe du monde, la réussite était plutôt de mon côté. En juin, il y avait eu ces deux victoires en Grand Prix, à Saint-Gall et à Calgary. Si j’étais allé aussi loin, jusqu’à l’ouest du Canada, c’était un peu pour préparer idéalement mes chevaux en vue du CHIO d’Aix-la-Chapelle, qui se déroule sur un terrain du même genre, en herbe et immense. Je pensais donc que mes chevaux étaient mieux préparés que jamais pour le rendez-vous d’Aix-la-Chapelle, le concours le plus gros et exigeant de l’année. Ma déception a été aussi grande que mon attente.

Mes chevaux étaient très en forme toute la semaine, mais la réussite nous a tourné le dos. J’étais déjà un peu contrarié les premiers jours et, le jeudi soir, notre Coupe des Nations n’a rien fait pour arranger les choses, puisque nous avons dû la courir à trois, alors que nous étions cinq sur place. Martin Fuchs n’a pas monté et Arthur da Silva a dû déclarer forfait. À trois, c’était un peu «mission impossible». Si on ne tire pas tous à la même corde, c’est difficile de faire un résultat dans une telle épreuve.

Je n’étais donc pas dans un très bon état d’esprit et je n’ai pas trop bien monté non plus le vendredi (une faute à la rivière) et le samedi (un barrage trop audacieux avec Venard, qui était parti pour gagner). Ce n’était donc pas l’idéal pour aborder le Grand Prix du Grand Chelem Rolex. Mais Bianca, ménagée pour ça, sautait super bien… Ma jument aurait pu rééditer ses deux manches sans faute de l’an passé si je m’étais un peu écarté de ce satané vertical No 11, qu’elle a trop frôlé. Elle était géniale et aurait mérité d’être du barrage. Après, il n’y a qu’un vainqueur et Kent Farrington a réussi une magnifique performance avec Gazelle.

Neuf fois sur dix, on aurait franchi cet obstacle sans faute et c’est donc frustrant, car Bianca a survolé le reste. Notre préparation était idéale, et ça représente beaucoup d’efforts pour une dixième place. On paie vraiment cher cette toute petite erreur, mais il faut se consoler en se disant que l’on gagne aussi parfois avec de la chance… Ça reste une énorme déception, Aix était un objectif prioritaire et un Grand Prix qui manque à mon palmarès. Nino des Buissonnets n’était pas un cheval pour gagner sur un tel terrain, je n’ai peut-être jamais eu de monture aussi adaptée à cette piste et à cette grosse épreuve que Bianca et je pense déjà aux prochaines éditions…

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!