Interview: Sting: «Je trouve l'inspiration en marchant»
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InterviewSting: «Je trouve l'inspiration en marchant»

Le chanteur revient en duo avec le Jamaïcain Shaggy. À 66 ans, il ne compte pas ralentir la cadence.

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Propos recueillis par Henry Arnaud
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Le chanteur, qui privilégie beaucoup les moments avec ses proches, est le père de six enfants, nés de ses deux mariages. Et tous s'entendent à merveille.

Le chanteur, qui privilégie beaucoup les moments avec ses proches, est le père de six enfants, nés de ses deux mariages. Et tous s'entendent à merveille.

Axelle/Bauer-Griffin/FilmMagic/Getty
Duo de choc: Sting, 66?ans, et Shaggy, 49?ans, sortent un album ensemble en avril.

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L'aîné des six enfants de Sting, Joseph «Joe» Sumner, le chanteur et bassiste de Fiction Plane.

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Vendredi, le plus francophile des chanteurs anglais présidera la 33e Cérémonie des Victoires de la musique, à Paris. Un rendez-vous qui s’inscrit dans un agenda chargé à bloc. Mais rien d’étonnant quand on le rencontre: à 66 ans, Sting semble avoir toujours 50 ans. Tant au niveau de son look que de son énergie. Après de multiples collaborations (avec Dire Straits, Bryan Adams, Rod Stewart, Cheb Mami), l’ex-leader de Police surprend à nouveau avec un album aux tendances reggae qu’il vient d’enregistrer avec le Jamaïcain Shaggy. Et ne lui parlez surtout pas de retraite! Rencontre à New York en marge des récents Grammy Awards.

Vous revenez avec un nouvel album original. Pas envie d’une retraite dorée dans votre villa de Toscane?

Jamais de la vie! Mon épouse (ndlr: Trudie Styler, actrice et productrice) et moi adorons passer plusieurs semaines par an à Il Palagio, notre coin de paradis italien, mais Trudie et moi voulons rester actifs dans nos carrières aussi longtemps que nous le pourrons.

Comment organisez-vous votre quotidien entre vos multiples résidences à Londres, New York, Malibu et en Toscane?

Tout dépend de nos emplois du temps, mais j’ai toujours préféré rentrer à la maison que passer des semaines dans des hôtels. D’où la nécessité pour moi d’avoir des pied-à-terre dans plusieurs coins du globe où l’on se déplace souvent. Au-delà de la maison, j’aime aussi avoir un grand jardin et des arbres centenaires. La nature me ressource et m’aide également à trouver l’inspiration.

On dit que vous vous baladez souvent seul avec votre guitare, exact?

Oui, c’est en marchant que je trouve l’inspiration pour mes chansons. Le plus drôle est de voir la tête des touristes par exemple dans mon quartier à New York lorsqu’ils me reconnaissent en train de me balader avec ma guitare dans le dos. Je fais ça depuis des années.

Est-ce en marchant que vous avez eu l’idée d’une collaboration avec Shaggy pour un album?

Non, mais ça aurait pu. (Rires.) Shaggy m’a approché pour chanter en duo avec lui sur un titre. Comme j’aime les expériences nouvelles, je lui ai dit oui et nous avons enregistré «Don’t Make Me Wait» qui mélange le reggae et les rythmes des Caraïbes avec le rock pop que connaissent mes fans. Moi, j’aime les surprises et j’adore en faire. Alors, j’ai proposé à Shaggy de faire bien plus qu’un seul duo. Et l’idée de l’album «44/876» est née.

L’album sort fin avril. Avez-vous prévu de partir en tournée mondiale pour assurer sa promo et retrouver vos fans?

On en discute, mais je ne sais pas si j’aurais encore l’énergie d’enchaîner 100 dates en quelques mois. J’ai toujours la pêche mais quand même, je n’ai plus 20 ans. (Rires.)

Est-ce que vous vous sentez vieux?

Je fais tout pour me maintenir dans la meilleure forme physique possible et je n’ai jamais arrêté de pratiquer une forme ou une autre de gym, du yoga par exemple. Mais il faut une discipline de fer pour enchaîner une tournée sur tous les continents. Je préfère avoir une vingtaine de dates en Europe, comme je vais le faire cet été. Puis faire une pause et éventuellement d’autres dates à l’automne dans une autre partie du monde.

À quand Sting en concert en Suisse?

Cet été si vous m’invitez! J’ai d’excellents souvenirs de mes concerts à Montreux, mais aussi au Paléo en 2015. Je serais ravi d’y revenir cette année. Je vais participer au festival Guitare en Scène le 22 juillet prochain à Saint-Julien-en-Genevois. Ce n’est pas en Suisse mais vraiment à cheval sur la frontière, non? Alors j’espère que beaucoup de Suisses viendront à ce spectacle. Sinon, j’ai une vingtaine de shows en Europe dont une grande date dans les arènes de Nîmes en juillet.

N’avez-vous pas l’impression de mener dix carrières en même temps entre vos spectacles seul à la guitare, les concerts rock ou encore la comédie musicale «The Last Ship»?

Mais c’est justement tous ces projets qui me donnent la motivation de continuer. J’aime l’exercice de créer une mélodie et une histoire en 4 minutes lorsque je compose des chansons. «The Last Ship» était plus personnel que jamais car l’histoire est inspirée par la ville de mon enfance. La comédie musicale se joue dans une tournée au Royaume-Uni à partir de mars.

Votre vrai nom est Gordon Sumner. Est-ce que vous l’utilisez souvent?

Jamais. Même mes enfants m’appellent Sting. Certains potes m’appellent Sumner, mais Gordon, jamais. Je pense que je ne me retournerais même pas si j’entendais quelqu’un m’appeler par mon vrai prénom.

Vous avez 6 enfants dont vous ne parlez jamais. Pourquoi?

Ils sont tous adultes, avec leurs vies et leurs responsabilités (ndlr: Joe, 41 ans, et Fuchsia Kate, 35 ans, de son premier mariage avec l’actrice Frances Tomelty, puis Mickey, 34 ans, Jake, 32 ans, Eliot «Coco», 27 ans, et Giacomo, 22 ans). J’ai toujours tout fait pour ne pas attirer l’attention sur ma famille. Cela ne changera pas de sitôt!

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