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BlanchimentStop à la «Kebab Connection»

La Poste a rompu tout lien avec 60 officines de transfert d’argent à l’étranger.

par
Elisabeth Eckert
Désignée comme centre névralgique suisse du blanchiment via des petits commerces, Genève est sur les dents. La police enquête notamment activement sur les échopes alimentaires, qui pratiquent, hors de tout contrôle, le transfert d’argent, entre la rue de Berne (ici en photo), les Eaux-Vives, ou près de la gare.

Désignée comme centre névralgique suisse du blanchiment via des petits commerces, Genève est sur les dents. La police enquête notamment activement sur les échopes alimentaires, qui pratiquent, hors de tout contrôle, le transfert d’argent, entre la rue de Berne (ici en photo), les Eaux-Vives, ou près de la gare.

Nicolas Righetti

Remontez, à Genève, des Pâquis à la gare Cornavin. Tous les dix mètres, au moins, vous rencontrerez une officine, une petite arcade avec pignon sur rue, dont la seule raison d’être est le transfert d’argent, pour les étrangers, entre la Suisse et leur pays d’origine. Selon les estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), ce sont, chaque année, quelque 10 milliards de francs qui s’envolent vers les familles des travailleurs émigrés. C’est également, pour les sociétés spécialisées dans le genre, un business très lucratif. Les commissions qu’elles prélèvent tournent autour de 1 à 3%. La plus connue d’entre elles, Western Union, est liée aux CFF. On la trouve dans toutes les gares et elle réalise, par an, environ 5 milliards de francs de chiffre d’affaires. Cette dernière, comme des milliers d’autres en Suisse, généralement des délégataires de Western Union ou de Moneygram, opèrent dans la plus pure légalité, soumises qu’elles sont à la FINMA ou à un organisme d’autorégulation, qui surveille, dès le premier franc, la provenance des fonds qu’elles convoient.

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