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PréventionStop Suicide: «Notre but n'est pas de heurter»

Lundi marque la 10e journée mondiale de prévention du suicide. Jean-Paul Stadelmann et l'association genevoise Stop Suicide en parlent et jouent la carte de la métaphore animalière.

par
Albertine Bourget
Le taureau par les cornes, la carpe muette ou l'autruche: l'association Stop Suicide lance une campagne qui tourne autour du pot. Le suicide reste un tabou.

Le taureau par les cornes, la carpe muette ou l'autruche: l'association Stop Suicide lance une campagne qui tourne autour du pot. Le suicide reste un tabou.

Lionel Flusin

Tabou, le suicide? Toujours, à en croire la campagne de Stop Suicide, qui se décline aussi en dépliants et sur le Net. Ne pas hésiter à en parler est le premier pas vers une prévention efficace, explique Jean-Paul Stadelmann, chargé de projet.

Ne tournez-vous pas autour du pot avec des locutions comme «faire l'autruche»?

Nous avons voulu interpeller les gens. Qu'en voyant les affiches et les slogans, ils se posent des questions, qu'ils en discutent entre eux et sachent où trouver de l'aide en cas de risque suicidaire.

Ne serait-ce pas plus efficace avec des images ou des slogans explicites?

Les images chocs amènent plutôt à banaliser la problématique. Notre campagne de 2009 avait le mot suicide imprimé en grand, cela ne poussait pas au dialogue. Notre but n'est pas de heurter mais bien de libérer la parole et de relayer l'information sur l'aide existante, de faire en sorte que tout le monde puisse et ose en parler.

Comment expliquer que le thème reste tabou?

C'est un sujet difficile, qui touche à l'intime de chacun.

A qui s'adresse le message?

A tout le monde, même si nous espérons bien sûr toucher un maximum de jeunes, puisque notre association est faite par et pour eux. Et que le suicide reste la première cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 29 ans. Avant les accidents de la route, qui font eux l'objet de campagnes de prévention nationales.

Une action nationale est-elle nécessaire?

Une cohésion nationale sur ce thème serait effectivement la bienvenue. A l'heure actuelle, seules des actions cantonales et privées chapeautées par l'association faîtière Ipsilon sont mises sur pied. Mais il se passe des choses. Les cantons disposent chacun de différentes structures ou programmes de prévention. Des collaborations ont été mises en place, des pas en avant ont été faits.

Quel est l'impact d'une telle action de sensibilisation?

C'est très difficile à évaluer. Mais nous espérons qu'une action telle que la nôtre agit sur le long terme.

Manifestations et informations sous www.stopsuicide.ch/site/10septembre

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