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Affaire DSKSuccession à DSK au FMI: Lagarde favorite après le G8

L'élection de la Minsitre des finances Christine Lagarde se profile comme la favorite dans la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI après plusieurs déclarations récoltées lors du G8.

La Ministre des finances a récolté plusieurs avis favorables à son élection à la tête du FMI lors du G8.

La Ministre des finances a récolté plusieurs avis favorables à son élection à la tête du FMI lors du G8.

Keystone

La voie semble dégagée pour la nomination de la Française Christine Lagarde à la tête du FMI après le sommet du G8 de Deauville (France). Les Européens y ont engrangé jeudi et vendredi des soutiens précieux auprès des autres grandes puissances.

Deux jours seulement après être officiellement entrée en campagne pour la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), la ministre française des Finances peut déjà se prévaloir du front uni des Européens en sa faveur mais aussi du soutien plus ou moins affiché des Etats-Unis et de la Russie.

La Française fait ainsi plus que jamais figure de favorite pour succéder à son compatriote Dominique Strauss-Khan, poursuivi par la justice américaine pour tentative de viol et contraint à la démission.

Les USA encore réservés

Si les Etats-Unis n'ont pas encore affiché leur préférence officielle, le président français Nicolas Sarkozy a clairement laissé entendre vendredi qu'il disposait du feu vert, crucial, de son homologue américain Barack Obama.

Selon un responsable américain, le président des Etats-Unis s'est borné à réaffirmer son soutien au processus de désignation «ouvert» lancé par le FMI, qui autorise le dépôt des candidatures jusqu'au 10 juin pour une nomination fin juin au plus tard.

«Je crois savoir que sa décision est prise et qu'il se réserve le moment opportun pour l'annoncer», a néanmoins déclaré Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse de clôture du G8.

Aux yeux des Européens, le coup de pouce appuyé donné jeudi «à titre officieux et personnel» à la candidate française par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton ne laisse guère de doute sur la position de Washington. Saluant «l'excellente déclaration de Mme Clinton», Nicolas Sarkozy a lâché: «j'aurais du mal à imaginer qu'il y ait un désaccord» entre elle et Barack Obama.

Pays émergents agacés

La Russie a aussi décerné un satisfecit explicite à Christine Lagarde. «La candidature française est, sans doute aucun, très sérieuse» et «tout à fait acceptable», a déclaré depuis Moscou le Premier ministre russe Vladimir Poutine. Le candidat kazakh Grigori Martchenko, pourtant officiellement adoubé par la Russie, n'a eu droit qu'à un soutien mesuré du chef du gouvernement, qui l'a qualifié de «bon spécialiste».

Pour ne pas braquer les pays émergents, agacés de voir les Européens diriger le FMI depuis sa création en vertu d'un partage des postes tacite avec les Américains qui président la Banque mondiale, les grandes puissances avaient pris soin de ne pas mettre ce sujet à l'ordre du jour du G8.

Mais dans les rencontres bilatérales, les Européens ont poussé l'avantage de leur championne. Nicolas Sarkozy en a tiré des «échos» positifs tandis que le Premier ministre britannique David Cameron a assuré qu'un «très fort soutien à sa candidature» avait «émergé des différentes conversations».

«Nous pensons qu'il est justifié de maintenir une direction européenne en ce moment», a-t-il expliqué, alors que la zone euro traverse une crise majeure qui voit le FMI fortement impliqué dans les plans de sauvetage des pays lourdement endettés.

Selon un responsable européen, «il faudra trouver quelques compensations pour les Brics», le groupe réunissant les cinq principales puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dans l'organisation du FMI. Cette solution semble aussi avoir les faveurs de la Russie, qui a réclamé que les Brics soient «mieux représentés dans la direction du FMI».

Christine Lagarde doit entamer dans les tout prochains jours une tournée des pays émergents, qui n'ont pas réussi jusqu'ici à s'entendre sur une candidature alternative commune.

(AFP)

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