France: Suicide d'un prêtre visé pour agression sexuelle
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FranceSuicide d'un prêtre visé pour agression sexuelle

Un prêtre de 38 ans s'est donné la mort, samedi dernier, dans le Loiret, alors qu'il était soupçonné «d'agression sexuelle».

Un prêtre de 38 ans s'est donné la mort, samedi dernier, alors qu'il était soupçonné «d'agression sexuelle».

Un prêtre de 38 ans s'est donné la mort, samedi dernier, alors qu'il était soupçonné «d'agression sexuelle».

Jeff Swensen, AFP

Un prêtre de 38 ans a été retrouvé pendu dans son presbytère à Gien (Loiret), alors qu'il faisait l'objet d'une enquête pour «suspicion d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, a-t-on appris lundi auprès du diocèse d'Orléans et du parquet de Montargis.

Le corps du Père Pierre-Yves Fumery a été découvert samedi. «C'est un moment d'épreuve tragique et de souffrance», a déclaré lundi devant la presse l'évêque d'Orléans Mgr Jacques Blaquart.

Comportement inapproprié

Selon Mgr Blaquart, des paroissiens avaient alerté la cellule «d'écoute des blessures» du diocèse le 7 septembre. Ils auraient, selon lui, été témoins de «comportements inappropriés envers des adolescents de 13, 14 ans», notamment une «proximité physique», un «comportement pas ajusté avec une jeune fille qu'il a prise dans ses bras et raccompagnée plusieurs fois en voiture».

Aucun des gestes mentionnés n'obligeait à saisir la justice, a précisé l'évêque, qui avait demandé au Père Fumery de «prendre du recul et de se faire accompagner, de quitter Gien quelque temps». Ce qu'a fait l'intéressé.

Contacté par un correspondant de l'AFP, le procureur de Montargis Loïc Abrial a confirmé qu'une enquête préliminaire pour «suspicion d'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans» a été ouverte le 21 septembre suite à des «informations préoccupantes».

«Le 8 octobre, il est revenu à Gien avec mon accord, mais n'a pas repris ses activités normales», a encore indiqué Mgr Blaquart. «Plusieurs auditions ont eu lieu (...), et le prêtre a été entendu le 15 octobre en qualité de témoin», en l'absence d'infraction pénale matérialisée, précise le magistrat.

Pas un cas isolé

Ce suicide intervient dans un contexte délicat pour l'Église catholique, soupçonnée de vouloir minimiser, voire taire des comportements d'abus sexuels. Il y a un mois, le père Jean-Baptiste Sèbe, également âgé de 38 ans, s'était pendu dans les combles de son église à Rouen. Il avait été dénoncé par une femme qui l'accusait de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure. Rien n'avait été porté à la connaissance de la police avant le suicide.

Une enquête préliminaire du chef d'agression sexuelle a été ouverte. La jeune femme de 21 ans qui avait dénoncé le comportement du prêtre n'a elle pas déposé plainte.

La semaine prochaine doit par ailleurs s'ouvrir à Orléans le procès de l'ancien évêque d'Orléans, Mgr André Fort, ainsi que du père Pierre de Castelet. Il est reproché à Mgr Fort, mis en examen en 2017, de n'avoir pas dénoncé l'abbé de Castelet, 69 ans, soupçonné d'attouchements sur des mineurs, après pourtant en avoir été informé.

Face aux témoignages d'agressions et aux révélations dans de nombreux pays, des personnalités et des victimes avaient demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire indépendante. Mais cette proposition a été rejetée mercredi par le Sénat. L'assemblée de la conférence des évêques de France, qui se réunit début novembre à Lourdes, a prévu des groupes de travail réunissant victimes et évêques.

(AFP)

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