Hockey sur glace: Suisse - Italie: l'analyse détaillée
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Hockey sur glaceSuisse - Italie: l'analyse détaillée

L'équipe de Suisse s'est facilement imposée contre l'Italie pour son entrée dans le mondial 2019. «Le Matin» a décortiqué de près cette prestation.

par
Grégory Beaud
Bratislava
A l'image de Kevin Fiala et Vincent Praplan, la Suisse a mis une terrible pression autour du gardien italien Andreas Bernard.

A l'image de Kevin Fiala et Vincent Praplan, la Suisse a mis une terrible pression autour du gardien italien Andreas Bernard.

Keystone

Pour la première fois depuis 2013, la sélection nationale n'a pas laissé échapper de points lors de son entrée dans le championnat du monde. Face à une équipe d'Italie terriblement limitée, les hommes de Patrick Fischer ont vécu une rencontre pour le moins facile avec, au final, une victoire 9-0.

Y a-t-il tout de même quelque chose à retirer de cette rencontre? Analyse.

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Comment a joué la Suisse?

Malgré le score aux allures de déroute pour l'Italie, il est compliqué de donner une note maximale à l'équipe de Suisse. L'opposition était tout simplement trop faible. Mais à l'image du 1-0 de Kevin Fiala à la suite d'une ouverture lumineuse de Roman Josi, les Helvètes ont sans cesse tenté de jouer en profondeur. Un philosophie «nord-sud» intéressante, surtout lorsque l'on peut compter sur des individualités rapides et techniques comme Kevin Fiala ou Nico Hischier. Réjouissant pour la suite. Au final, la Suisse a allumé le gardien italien 61 fois contre 19 tirs adverses seulement.

Quatre occasions, deux buts. Statistiquement, il n'y a rien à dire. Le jeu de puissance a permis à la Suisse d'assurer son succès en fin de première période. Patrick Fischer a même pu donner un peu de temps de jeu en power-play à Michael Fora ou Simon Moser. Le point intéressant? Fiala, Hischier et Praplan sont présents sur les deux buts à 5 contre 4. Si Simon Moser était également à chaque fois là, Romain Loeffel et Roman Josi ont joué le rôle de quarterback à la bleue sur la première ligne de situation spéciale. L'autre unité (Hofmann, Kurashev, Martschini, Haas, Josi) s'est montrée dangereuse sans marquer. L'intégration de Sven Andrighetto sera intéressante à suivre. Encore faudra-t-il lui trouver un poste.

Une seule pénalité à tuer lors de l'ultime période lorsque le match était déjà plié. Rien à signaler a ce sujet pour le moment.

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Les notes des joueurs

(Cinq étoiles = omniprésent; une étoile = discret)

- 17'39'' de temps de jeu, trois buts et 1 assist

- 17'39'' de temps de jeu, trois buts et 1 assist

L'ailier a été le détonateur avec son premier but après moins de deux minutes. Seul face au gardien, il a réalisé une feinte de toute beauté. Par la suite, il s'est montré dangereux sur chacune de ses présences. Lors de l'ultime période, Patrick Fischer n'a pas appuyé sur la pédale et l'a laissé souffler en compagnie de ses compères de lignes (3'07'' de jeu). Mais un Kevin Fiala à ce niveau sera à n'en pas douter une arme précieuse.

Reto Berra- 19 arrêts sur 19 tirs adverses.

Le gardien de FR Gottéron a fait l'arrêt qu'il fallait à la neuvième minute. Alors que ses coéquipiers se montraient un rien trop «enthousiastes» à 2-0, le Zurichois s'est parfaitement interposé lors d'une échappée de Joachim Ramoser. Son jeu à la canne ainsi que ses sorties derrière la cage sont également intéressantes pour soulager ses défenseurs.

Roman Josi- 13'54'', 1 assist

Le défenseur des Nashville Predators a pu s'économiser en ne jouant qu'un minimum. Mais il apporte une telle sérénité lorsqu'il est sur la glace. Son ouverture pour Kevin Fiala a prouvé que sa première passe est toujours aussi efficace. La paire qu'il forme avec Yannick Weber est terriblement complémentaire et pourrait être l'une des satisfactions de ce tournoi.

Philipp Kurashev- 13'47'', 1 assist

Il ne fait pas son âge dès qu'il enfile ses patins. Malgré ses 20 ans, le Grison est déjà d'une maturité folle. C'est peut-être par sa protection de puck très efficace qu'il a fait la différence lors de ce premier match. Il a en outre gagné ses engagements (6/9) pour compléter le tableau. Son premier match à ce niveau est une belle réussite. Sur le but de Grégory Hofmann (2-0), il a tourné autour de la défense italienne avant de donner une passe parfaite pour le lancer de Joel Genazzi (vidéo ci-dessous). Un régal.

Andres Ambuehl- 16'05'', 0 but, 2 assists

Pour son jubilé (100e match en championnat du monde), le Davosien a sans doute été le plus énergique de son équipe. Prompt à se jeter sur tous les pucks, il a beaucoup créé pour ses coéquipiers de ligne. Toujours irréprochable dans l'attitude, Andres Ambühl a une nouvelle fois été précieux dans un rôle de poison.

- 16'03'', 1 but

- 16'03'', 1 but

Le défenseur de Lugano a été très bon dans sa ligne avec Joel Genazzi. Peu sollicité par les Italiens, le Neuchâtelois a sans cesse joué juste. En fin de match, il a même marqué son deuxième but en championnat du monde. Ses passes pour Genazzi sont toujours précises.

Yannick Weber- 13'40''

N'attendons pas du Bernois une prestation «à la Roman Josi». Il n'est plus ce joueur-là. A Nashville, il a su se trouver une niche pour s'exprimer dans un rôle plus défensif. Ce qu'il a parfaitement fait en première ligne de défense à l'image de cette récupération de puck (vidéo ci-dessous).

Janis Moser- 11'58'', 1 assist

Il n'a jamais voulu jouer dans un rôle qui n'était pas le sien. Toujours juste et bien placé, l'arrière du HC Bienne a réussi son entrée en lice dans son premier championnat du monde. Il faudra désormais confirmer face à un adversaire plus coriace.

Vincent Praplan- 16'12'', 1 but, 2 assists

Patrick Fischer a décidé de le faire jouer avec Kevin Fiala et Nico Hischier après l'avoir testé lors de la préparation. Une vraie réussite tant les trois joueurs ont été complémentaires. Avec six tirs cadrés, le Valaisan a parfaitement profité de la présence des deux joueurs de NHL avec lui pour tirer son épingle du jeu... hormis lorsqu'il a été envoyé à l'engagement (0/3). Très encouragent.

Nico Hischier- 17'52'', 1 but, 2 assists

On l'a connu plus dominant, alors qu'il termine pourtant avec trois points à son compteur. C'est dire la marge du joueur de centre... Sur quelques coups de patins, il est toujours capable de faire le différence, surtout lorsqu'il arrive à prendre de la vitesse en zone défensive. Contre une équipe plus faible que la Suisse, ses qualités de patinage peuvent parfaitement s'exprimer (vidéo ci-dessous).

Il a toutefois perdu passablement de pucks en zone neutre, de quoi pondérer quelque peu son bilan. Son échappée en fin de match ponctuée par un petit shoot dans la lucarne a par contre enjolivé le tout. Son entente avec Kevin Fiala semble innée.

Simon Moser- 13'15'', 1 but

Ses kilos et son sens du placement ont dérangé la défense italienne. Toujours précieux dans un rôle moins en vue qu'à Berne, Simon Moser a fait de la place pour Andres Ambühl.

Lino Martschini et Grégory Hofmann- 12'51'' et 13'29'', 1 but chacun

Engagé et rapide, Martschini a marqué sur son tir... le moins dangereux. Avec six tentatives, il est celui qui a le plus tenté, avec Vincent Praplan. Son rôle sera probablement plus intéressant lorsque sa ligne de power-play tournera bien tant son tir sur réception peut faire mal. Hofmann, lui, a fait parler son sens du but en tout début de match.

Gaëtan Haas- 13'25''

Le Bernois a gagné ses engagements (10/16) et a aussi bien bossé en zone offensive qu'en zone défensive. C'est l'une de ses grandes forces. L'expérience de sa ligne avec Ambuehl et Moser va permettre à la Suisse d'avoir du succès lors de ce championnat du monde.

Noah Rod, Christoph Bertschy et Tristan Scherwey- 15'53'', 15'27 et 15'59'', 1 assist pour Rod

Le Genevois a touché le poteau lors de la dernière période et offert le 8-0 à Romain Loeffel. La quatrième ligne sera plus utile lorsqu'il faudra aller poncer les bandes et gratter des pucks. Face à une Italie limitée, la triplette à vocation défensive a tenté d'amener une dimension physique mais n'a pas eu de répondant en face. Bertschy a par contre peiné au niveau des engagements (8/21). Cela peut devenir un problème dans le tournoi.

Joel Genazzi, Lukas Frick, Raphael Diaz et Michael Fora- 1 assist pour Frick et Genazzi

Ce n'était pas un match où les défenseurs devaient se mettre forcément plus en vue que cela. A mesure que le match avançait, le focus a été de jouer simple. Et ils l'ont tous très bien fait. Mention à Lukas Frick pour sa magnifique ouverture pour le 3-0 de Lino Martschini malgré tout.

Personne Lorsqu'une équipe gagne 9-0, il est compliqué de donner la note la plus basse à quiconque.

Suisse - Italie 9-0 (4-0 2-0 3-0)

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