Hockey sur glace: Suisse - Norvège: l'analyse détaillée
Publié

Hockey sur glaceSuisse - Norvège: l'analyse détaillée

La formation de Patrick Fischer a battu la Norvège 4-1 et demeure invaincue. «Le Matin» a décrypté cette quatrième rencontre en cinq jours.

par
Grégory Beaud
Keystone

Mission accomplie. En remportant son quatrième match de rang à Bratislava, la sélection nationale a réalisé les douze points que l'on était en droit d'attendre d'elle. Les vice-champions du monde vont désormais pouvoir bénéficier de deux jours de repos avant de se frotter aux gros morceaux de son groupe.

Dernier coup d'oeil avec l'analyse poste par poste de la prestation de la Suisse contre la Norvège avant de passer à la Suède et à la Russie respectivement samedi et dimanche.

----------

Comment a joué la Suisse?

Largement plus libre de faire parler sa vitesse en zone neutre que face à l'Autriche, l'équipe de Patrick Fischer en a pleinement profité. Quelque peu inquiétée en fin de première période, la Suisse a rapidement rectifié le tir pour immédiatement prendre deux longueurs d'avance en début de tiers-temps intermédiaire. Le jeu de transition défenseurs-attaquants est toujours aussi efficace, notamment grâce à l'état d'esprit irréprochable des arrières. Cette équipe de Suisse n'a, pour l'heure, été qu'un minimum dérangée à 5 contre 5. Très encourageant pour la suite. Ce n'est pas un hasard si le différentiel de shoots est largement en faveur des Suisses (42-32) avec un net 14-7 lors du second tiers-temps, pile au moment où les Helvètes tentaient de faire le break.

L'intégration de Sven Andrighetto suit son cours avec les Praplan, Diaz, Ambuehl et Hofmann. Si l'autre ligne n'a pas bougé, la seconde triplette se cherche encore. Le jeu en supériorité numérique est probablement le principal chantier de Patrick Fischer à l'heure actuelle. Les résultats ne sont pas au rendez-vous, mais les individualités à disposition du coach de l'équipe de Suisse devraient être suffisamment fortes pour en faire quelque chose de probant. A suivre.

9'16'' d'infériorité numérique et aucun but encaissé. Le box-play suisse est toujours aussi intransigeant. Même lorsque Roman Josi écope de deux minutes de pénalité, la boîte tient bon. Mention spéciale à la paire Frick-Fora qui est une sacrée surprise à ce niveau d'excellence dans cette situation de jeu. Si les arrières effectuent un travail louable, que dire des attaquants? Les Moser, Bertschy, Scherwey et autre Haas se relaient à merveille pour tenir la baraque. Et ça marche.

----------

Les notes des joueurs

L'homme du match: Andres Ambuehl- 12'18, 2 buts

L'ailier grison poursuit son excellent championnat du monde avec, cette fois-ci, deux buts à son compteur. Outre ses 1-0 et 4-0, Andres Ambuehl s'est créé de nombreuses occasions en compagnie de Simon Moser et Christoph Bertschy. Le punch de cette quatrième ligne est d'ailleurs un atout très important pour Patrick Fischer. Il n'a certes joué que douze minutes, mais l'ailier du HC Davos a semblé être tout le temps sur la glace. Le signe d'un match plein.

Chrisoph Bertschy- 13'15, 1 assist

Sa montée en puissance est fulgurante. L'ailier lausannois repositionné au centre a une nouvelle fois été bon dans les engagements (8/16). Après un début de tournoi compliqué, il fait oublier que sa position de prédilection n'est pas au centre. Si l'on ajoute à cela une présence décisive en box-play et une rigueur défensive admirable, Bertschy a peut-être livré son meilleur match en Slovaquie.

Il a d'abord eu une importance majeure sur l'ouverture du score d'Andres Ambuehl en se rendant disponible pour recevoir une passe de Romain Loeffel (première vidéo ci-dessous). Tout au long du match, il a également eu un impact défensif (deuxième vidéo ci-dessous) qui a fréquemment mené à des attaques dangereuses. Son adaptation à son nouveau rôle est d'ailleurs assez impressionnante.

Leonardo Genoni- 31 arrêts sur 32 tirs

Le futur gardien de Zoug aurait mérité son premier blanchissage du championnat du monde. Abandonné par sa défense en toute fin de match, Genoni a été battu par un essai adverse anecdotique. Lorsque cela comptait, par contre, il a été irréprochable. Notamment à 4 contre 5. Très gros match de sa part, une fois encore.

Nico Hischier- 17'21'' de jeu, 1 but

Le Haut-Valaisan a inscrit son troisième but du tournoi. Son septième point en quatre matches. Nico Hischier ne semble pas franchement donner de coup de patin superflu, mais il est autant efficace sur le plan offensif (première vidéo ci-dssous) que défensif (seconde vidéo). Sa maturité est absolument hallucinante depuis le début de la compétition. Chacun de ses choix est le bon. Il est le MVP du début de tournoi suisse. Sans hésiter.

Kevin Fiala- 19'36'' de jeu, 1 assist

Le Saint-Gallois est d'une justesse absolue sur toutes ses prises de décision. Sans cesse dangereux (six tirs cadrés), il n'a pas été en réussite face à la Norvège. Mais sa capacité à attaquer le filet adverse est une arme indéniable. Il a eu des matches plus productifs, m pas au niveau de l'implication tant offensive que défensive. Exemplaire.

Michael Fora- 16'05'' de jeu

Et si il s'agissait là du meilleur match de l'arrière d'Ambri-Piotta? Avec un peu de chance, il aurait pu trouver le chemin des filets lorsque son envoi a touché le poteau. Engagé offensivement, il n'a toutefois jamais oublié ses responsabilités défensives (vidéo ci-dessous). Michael Fora a été autant propre 5 contre 5 qu'à 4 contre 5.

Roman Josi- 22’32

Le Bernois est d’une facilité hallucinante à chaque fois qu’il décide de mettre un coup de patin plus appuyé qu’à la normale (vidéo ci-dessous). Malgré sa nouvelle pénalité mineure, Roman Josi a livré une prestation solide sur les deux lignes auxquelles il a contribué. Que ce soit avec Yannick Weber ou Raphael Diaz, l’arrière des Nashville Predators n’a pas fait la moindre erreur.

Sven Andrighetto- 14'43

On est certes en droit d'en attendre (encore) plus d'un joueur de NHL. Mais Sven Andrighetto a fait un vrai pas vers l'avant pour son deuxième match de ce championnat du monde. Sa vitesse a fait merveille, notamment lors de la période initiale (2 tirs cadrés). Sans être franchement en réussite tant à égalité numérique qu'en power-play, il a prouvé qu'il était capable d'amener beaucoup à cette équipe. Si le bilan comptable est décevant, l'implication, elle, est au rendez-vous.

Raphael Diaz- 18'13

Orphelin de son partenaire Janis Moser, blessé, le Zougois a évolué avec Roman Josi. Un changement d'ambiance. Il a su s'effacer par moment pour laisser son coéquipier porter le puck. Sans jamais trop en faire, il est toujours juste. Un nouveau match plus que propre du capitaine qui a plus de place avec ce changement d'alignement. Ses cinq tirs le prouvent.

Lukas Frick- 17'34 de jeu

Quelle justesse à nouveau dans le jeu de transition! Le défenseur du Lausanne HC effectue toujours la bonne passe vers l'avant. Un régal à voir jouer. La paire qu'il forme avec Michael Fora est d'une constance impressionnante. Et que dire de leur implication sur le box-play?

Simon Moser- 13'23 de jeu, 1 assist

Si Andres Ambuehl a pu être tellement bon, c'est aussi parce qu'il a pu compter sur des compagnons de ligne à son niveau. Très bon depuis le début du tournoi, Simon Moser a une nouvelle fois «fait du Simon Moser». Davantage présent offensivement hier soir, il a créé deux occasions de but pour Andres Ambuehl et lui a distribué une passe décisive. Les changements d'alignement n'ont pas sembler l'affecter. Cette polyvalence est une vraie force.

Romain Loeffel et Joel Genazzi- 12'01 et 12'34 de jeu, 1 assist chacun

Après un break d'un match en raison de l'arrivée de Sven Andrighetto et la mise en tribunes du second nommé, la paire a été reformée avec succès pour ce quatrième match. Leur complémentarité n'est plus à prouver. Genazzi aurait mérité de marquer à la 57e. Son essai a été très subtilement dévié par Andres Ambuehl. Tant Loeffel que Genazzi prennent tour à tour des libertés offensives. Avec les deux hommes sur la glace, la danger est constant sans que le travail défensif ne soit négligé.

Grégory Hofmann- 10'17 de jeu, 1 but

Difficile de faire davantage avec aussi peu de glace. Le futur joueur de Zoug a apporté énormément d'énergie en un minimum de temps. Il a malgré tout trouvé un moyen d'être décisif avec quatre tirs cadrés et un but. Discret sur le second power-play avec Diaz, Praplan, Andrighetto et Ambuehl.

Lino Martschini- 11'52 de jeu, 1 assist

Il n'a, cette fois-ci pas été franchement dangereux en supériorité numérique. Dommage car à 5 contre 5, il apporte beaucoup par sa vitesse et sa volonté d'aller toujours vers l'avant. Sans cesse en mouvement pour se libérer, il trouve toujours des espaces. Son shoot est décidément grippé depuis le début du tournoi. Il a tout de même servi Grégory Hofmann pour le 3-0 sur un joli jeu.

Yannick Weber- 11'25 de jeu

Le Bernois n'est que rarement pris à défaut dans sa zone. Ces quatre premiers matches étaient finalement assez simples pour lui. Sur une ligne souvent offensive, il n'a pas été trop mis à contribution, mais a très souvent été juste. Hormis face à l'Autriche. Il sera beaucoup plus important dans le jeu défensif à compter de samedi face à la Suède puis jusqu'à la fin du tournoi.

Vincent Praplan- 16'02 de jeu

Il fait toujours aussi bien le «sale boulot» sur la première triplette d'attaque. Malgré un rôle moins en vue, il parvient tout de même à se créer quelques grosses occasions (3 tirs). Son tournoi est une réussite.

Gaëtan Haas et Tristan Scherwey- 13'52 et 14'02 de jeu

Il sont, avec leur compagnon de ligne Sven Andrighetto, la preuve que cette équipe de Suisse a encore une belle marge de progression au niveau offensif. Très justes dans leurs placements et dans la couverture de zone, ils n'ont qu'un minimum de poids offensivement (1 tir chacun). Une relance ratée de Haas a failli coûter cher, à la 22e. Hormis cette petite alerte, pas grand-chose à signaler tant à 5 contre 5 qu'en box-play. Solide.

Philipp Kurashev- 12'38 de jeu

Pas son meilleur match du mondial, loin s'en faut. Le joueur de centre s'est mis en danger à la mi-match et a reçu une charge appuyée (et fautive) contre la bande qui aurait pu avoir de lourdes conséquences. Avec sa capacité d'apprentissage, nul doute qu'on ne l'y reprendra plus. Son bilan aux engagements (4/10) n'est pas folichon non plus.

Noah Rod- 4’14 de jeu

L'ailier de GE Servette n'a plus un gros rôle dans cette équipe qui gagne. En moins de cinq minutes par match, il n'a pas la moindre chance de se mettre en lumière. Dommage, car son énergie - notamment à 4 contre 5 - pourrait être plus qu'utile.

Personne.

Suisse - Norvège 4-1 (1-0 1-0 2-1)

Ondrej Nepala Arena, 4673 spectateurs. Arbitres: MM. Iverson (Can), Tufts (EU); Dalton (GB) et Nikulainen (Fin).

Buts 6e Ambuehl (Bertschy, Loeffel) 1-0. 21e Hischier (Fiala) 2-0. 50e Hofmann (Martschini) 3-0. 57e Ambuehl (Genazzi, Moser) 4-0. 59e Lindtrom (Reichenberg) 4-1.

Suisse Genoni; Fora, Frick; Diaz, Josi; Genazzi, Loeffel; Weber; Ambuehl, Bertschy, Moser; Fiala, Hischier, Praplan; Martschini, Kurashev, Hofmann; andrighetto, Haas, Scherwey; Rod. Entraîneur: Fischer.

Norvège Holm; Holos, Bonsaksen; Lesund, Espeland; Johannesen, Bull; Norstebo, Kaasastul; Patrick Thoresen, Olimb, Olden; Trettenes, Haga, Valkvae Olsen; Lindström, Martinsen, Reichenberg; Röymark, Forsberg, Roest. Entraîneur: Petter Thoresen.

Notes la Suisse sans J.Moser (blessé), Bertaggia ni Berra (surnuméraires). La Norvège sans Kristiansen, Arntzen ni Rosseli Olsen. Tir sur les poteaux: Martschini (17e) et Fora (49e).

Pénalités 5 x 2’ contre la Suisse; 4 x 2’, 2 x 10’ (Martinsen et Bonsaksen) contre la Norvège.

Votre opinion