12.07.2020 à 10:03

Super League: voici à quoi pourrait ressembler la fin de saison

Football

Dix cas de Covid au FC Zurich, mais aucun à Neuchâtel Xamax, le brouillard plane sur la possibilité de terminer le championnat.

par
Thibaud Oberli
Le président Heinrich Schifferle (gauche) et le CEO Claudius Schaefer (droite) lors de l’Assemblée générale de la SFL, le 29 mai dernier.

Le président Heinrich Schifferle (gauche) et le CEO Claudius Schaefer (droite) lors de l’Assemblée générale de la SFL, le 29 mai dernier.

L’épée de Damoclès se fait de plus en plus menaçante. En fin de semaine, l’annonce de dix cas de Covid, la mise en quarantaine de la première équipe et du staff du FC Zurich a fait trembler les instances du football suisse. Samedi, les joueurs de Xamax se soumettaient à des tests dont les résultats négatifs ont donné un sursis aux décideurs. Cette cascade de nouvelles entraîne une remise en question profonde de la possibilité de terminer la saison, et par extension du protocole mis en place par la Swiss Football League.

Les décisions quant à cette situation devraient se jouer au début de cette semaine, selon le porte-parole de la SFL. Un des gros couacs du protocole mis en place par la fédération vient d’une mésentente politique: le règlement n’interdisait pas à une équipe ayant des éléments infectés de continuer à jouer. Mais depuis la reprise ce sont les autorités cantonales qui ont récupéré le lead de la gestion de la crise et dans le cas de figure du FCZ elles ont décidé, avec l’expertise du médecin cantonal, de mettre le club en quarantaine. Mais le calendrier est plus que serré et ne permettra pas aux Zurichois de rattraper les rencontres manquées sans adaptation.

La SFL est maintenant contrainte de faire des miracles si elle veut que la saison aille à son terme. Plusieurs scénarios sont possibles.

1. Le plus «simple» reste un arrêt de la compétition à la fin du troisième tour (2 juillet), mais une telle décision entraînerait une confusion sans précédent quant aux modalités à adopter pour établir un classement final. Notamment sur les critères pour désigner le vainqueur, les qualifiés pour les compétitions européennes, le barragiste et l’équipe reléguée. Mais la façon de désigner ses places fera forcément l’objet de jeux de pouvoir et de conflits d’intérêts entre les différents clubs helvétiques.

2. Un autre scénario possible serait d’augmenter la cadence des matches, de manière à boucler toutes les rencontres avant le 2 août. Mais cette solution semble plutôt irresponsable sur le plan sportif. Un aspect que soulignait déjà Alain Geiger au début du mois : «Ailleurs en Europe, fustige-t-il, beaucoup de pays n’auraient jamais accepté un calendrier aussi démentiel que le nôtre».

3. Un cas de figure possible serait aussi de ne pas respecter la date butoir du 2 août imposée par l’UEFA comme limite à l’annonce des qualifiés pour les compétitions européennes. Avec cette possibilité, le calendrier pourrait être adapté, mais cela entraînerait de nouvelles questions. Notamment au sujet de la Coupe de Suisse, qui doit se jouer entre la fin du championnat et le 12 août. On peut déjà imaginer le FC Bâle faire la grimace. Les Rhénans sont toujours engagés, en Coupe de Suisse, mais aussi en League Europa, avec un match retour contre l’Eintracht Francfort agendé au 6 août.

4. La mise en place de play-off est aussi envisageable. Cela pourrait prendre la forme de deux tournois, opposants la première moitié du classement pour désigner un champion et les qualifiés pour l’Europe, et de l’autre côté la seconde moitié du classement pour désigner le barragiste et le relégable. Mais cette possibilité risque aussi de faire grincer des dents, d’autant plus qu’il faudra aussi définir des modalités pour désigner qui évolue dans quel groupe.

5. Un autre cas de figure, souligné par «Blick», pourrait être une mise à l’écart de la compétition et l’annulation des résultats de l’équipe infectée. Mais à nouveau, les biais engendrés par un tel choix seraient énormes et ont de grandes chances de rendre cette possibilité obsolète. Par exemple, le FC St-Gall serait grandement favorisé par cette décision, eux qui ont perdu tous leurs matches contre le FCZ cette saison. Annuler seulement les rencontres du FCZ au dernier tour pourrait aussi être un choix possible.

6. Une solution pourrait prendre la forme d’un isolement ciblé des joueurs positifs et non une mise en quarantaine de l’effectif. Cela nécessiterait alors un dialogue avec les autorités politiques et sanitaires zurichoises et un retour sur leur décision d’écarter l’ensemble du groupe des terrains. Reste que cela ne résoudrait pas le problème des matchs déjà renvoyés par la SFL et le calendrier impossible pour le FC Bâle, qui devait affronter Zurich mardi.

Au milieu de toutes ces possibilités, les clubs vont assurément tout faire pour mettre en avant leurs intérêts dans la décision finale. Ils pourraient aussi contrecarrer l’implémentation du choix de la fédération. Que faire si une équipe refuse de jouer en mettant en avant les risques encourus par ses joueurs et son staff ? Quelles pourraient être les conséquences juridiques des choix de la fédération, mais aussi des réactions des différentes équipes? Une réponse devrait être trouvée en début de semaine, reste à savoir si elle ne sera pas à nouveau rattrapée par la situation.

Thibaud Oberli

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!