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JOSur la route de Sotchi: feu de l'Amour, sponsors frileux, "journaliste-espionne"

MOSCOU, 21 nov 2013 (AFP) - La flamme olympique dans les eaux glacées du fleuve Amour, des sponsors peu enclins à dénoncer les abus en tous genres à Sotchi et une journaliste soupçonnée d'espionnage, voici les échos de la semaine des Jeux d'hiver de Sotchi 2014 (7 au 23 février).

- FEU DE L'AMOUR Le relais de la flamme olympique en Russie est un parcours d'une imagination sans limites. Après une sortie dans l'espace, une escale au-delà du cercle polaire Arctique et un passage près d'un volcan de la péninsule du Kamtchatka (Extrême-Orient), la voilà au milieu de l'Amour, premier fleuve de Sibérie, à Blagovechtchensk, ville à la frontière chinoise: une photo publiée sur le site de la radio Echo de Moscou montre plusieurs hommes de forte corpulence nageant dans les eaux glacées de l'Amour, l'un portant un flambeau olympique au sommet duquel brûle la flamme, et les autres de grands drapeaux aux couleurs de la Russie et des jeux de Sotchi. Cette image a déclenché un déluge de commentaires sarcastiques sur le blog de la radio: "les fous sont de sortie", "il faudrait encore la mettre dans la bouche d'un avaleur de sabres au cirque", "tout le monde se moque de ce relais de la flamme, et eux n'ont même pas honte"... - SPONSORS FRILEUX L'ONG Human Rights Watch (HRW) reproche aux principaux parraineurs des JO de Sotchi de se montrer très discrets sur les abus et violations des droits de l'homme en Russie dans le cadre de la préparation des JO de Sotchi. "Les entreprises sponsors payent pour les jeux de Sotchi mais leurs prises de position concernant la loi russe anti-gay sont parmi les plus timides, et elles n'ont pas dit un mot contre d'autres abus", a estimé Minky Worden, directrice des initiatives mondiales à HRW, dans un communiqué mardi. Ces sociétés "devraient s'exprimer sur les abus en matière de droit du travail, les discriminations et les attaques contre la liberté de la presse", a-t-elle ajouté. HRW appelle les sponsors à "prendre publiquement position de manière plus énergique contre les violations des droits qui ont entaché la préparation des JO". L'ONG indique avoir déjà écrit à trois reprises aux principales sociétés parrainant les JO, parmi lesquelles Coca-Cola, McDonalds et Samsung, pour attirer leur attention sur les "sérieux abus à Sotchi", citant l'exploitation de travailleurs immigrés, le harcèlement de membres d'ONG et de journalistes, et l'impact négatif sur l'environnement causé par les gigantesques travaux pour l'organisation des JO. - "JOURNALISTE-ESPIONNE" Une journaliste russe a raconté au journal Nezavissimaïa de mercredi avoir été accusée d'espionnage par une responsable des services migratoires de Sotchi où elle s'était rendue pour écrire un reportage sur les formalités que devront remplir les supporteurs russes pour s'enregistrer dans cette ville pendant les JO. La journaliste Ekaterina Loukianova a affirmé que la responsable lui avait saisi son dictaphone et lui avait reproché de "compromettre les services de l'Etat". Quand elle a dit qu'elle effectuait ce travail pour l'académie de la Deutsche Welle -- une institution allemande qui organise des séminaires pour approfondir la formation des journalistes -- elle a été accusée d'être une "agente de l'étranger", en référence à une loi promulguée il y a un an par Vladimir Poutine. Ce texte oblige toutes les ONG en Russie recevant des fonds d'autres pays à s'enregistrer et se présenter comme des "agents de l'étranger". - AMATEURS DE CEREMONIES Qui veut organiser les cérémonies d'ouverture et de clôture des jeux olympiques d'hiver (7-23 février) et paralympiques (7-16 mars) à Sotchi ? Le ministère russe de la Culture a lancé un appel d'offres pour l'organisation de ces quatre cérémonies, dont le vainqueur sera annoncé le 13 décembre. Le ministère a alloué une somme globale de 40 millions de roubles (environ un million d'euros), selon des médias russes. Mais ce chiffre ne prend pas en compte certains frais tels les honoraires à verser aux 1.069 personnes qui participeront aux shows, parmi lesquelles quatre chefs d'orchestre, trois solistes, six stars du ballet russes ou encore des artistes de cirque. Mais il reste de la marge comparé aux sommes dépensées pour ces événements aux précédents jeux Olympiques. La palme d'or de la cérémonie d'ouverture la plus chère revient ainsi à la Chine (82 millions d'euros) pour les jeux d'été à Pékin en 2008, avec un spectacle qui a mobilisé environ 15.000 personnes. La Grèce arrive sur la deuxième marche du podium (40 millions d'euros) pour les jeux d'été à Athènes en 2004, suivie de la Grande-Bretagne pour les jeux d'été en 2012 Londres (34 millions d'euros). Soit deux millions de plus que pour la cérémonie d'ouverture des précédents JO d'hiver à Vancouver, au Canada, en 2010. - APRÈS SOTCHI, SAINT-PETERSBOURG? Après avoir décroché l'organisation des JO d'hiver à Sotchi, la Russie manifeste son intérêt pour les jeux d'été en 2024 à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays qui accueillera des matches du Mondial-2018 de football dans un nouveau stade en cours de construction. "Saint-Pétersbourg peut être une sérieuse candidate pour organiser les jeux Olympiques de 2024", a déclaré récemment le président du comité olympique russe, Alexandre Joukov. "Nous devons dès maintenant penser à ce sujet, et ce même si nous ne pouvons pas prendre de décision ferme avant la fin des jeux d'hiver de Sotchi", a-t-il toutefois observé. L'Italie a déjà fait savoir qu'elle était intéressée par l'organisation de ces jeux, sans désigner de ville, et la France a émis la possibilité d'une candidature à ces JO dans la perspective du centenaire des premiers JO d'hiver à Chamonix (est de la France) en 1924. bfi/nm/dla/jcp

(AFP)

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