Suisse: Sur le Net, les entreprises se montrent trop naïves
Publié

SuisseSur le Net, les entreprises se montrent trop naïves

Entre l'hébergement des données et les recherches effectuées sur des moteurs publics, les sociétés se dévoilent parfois un peu trop.

Illustration, Keystone

Les sociétés suisses ne réalisent pas toujours qu'elles se mettent en danger, par exemple en sous-estimant le lieu de stockage de leurs données stratégiques ou en effectuant des recherches sur internet.

En ayant recours à un moteur de recherche public, on lui communique indirectement la nature d'une innovation que l'on serait en train de concevoir, explique le directeur de la coopérative Centredoc, basée à Neuchâtel.

En passant, par exemple, par un de ces sites gratuits pour savoir si un brevet a été déposé dans un domaine précis, l'entreprise laisse des traces auprès d'acteurs dont les intérêts peuvent entrer en conflit avec les siens, a déclaré Harald Jenny, directeur de Centredoc, dans un entretien avec l'ats.

Il ne faut pas oublier que certains acteurs d'internet déposent des milliers de brevets par an. S'ils sont en litige avec une société, ils ne vont pas se priver d'utiliser et d'analyser les données collectées.

Les pratiques adoptées par tout un chacun sur les réseaux sociaux – partage de photos de vacances, indication du restaurant visité avec vos amis – présentent des risques majeurs pour les entreprises si elles s'appliquent aux informations stratégiques liées à leur innovation, ajoute Harald Jenny. «Big Brother» qui nous surveille devient une réalité et va «à l'encontre de la confidentialité».

Législation du pays où sont hébergées les données

Le lieu de stockage d'informations est également non négligeable. Le for juridique qui s'applique est le lieu où se trouve le «cloud» (nuage informatique). «Les entreprises devraient être très attentives au pays dans lequel sont situés les serveurs qui contiennent leurs informations stratégiques», ajoute le directeur de Centredoc.

La loi américaine, par exemple, est très défavorable à la protection des données, explique David Borel, responsable du développement de Centredoc. Elle permet par exemple les «Fishing Expeditions». Un juge peut ordonner le ramassage de l'ensemble des disques durs d'une entreprise si quelqu'un a déposé plainte pour violation de brevets.

Pour parer à cela, mieux vaut donc chercher à héberger ses données sensibles dans un pays où la législation est plus restrictive.

En Suisse, Centredoc fait partie des solutions possibles. De forme coopérative, elle compte 32 sociétés membres et a, par ailleurs, a acheté, en 2015, les 90 millions de données de l'Office européen des brevets, ce qui permet d'avoir accès à ce type d'informations sans risque de se faire pirater.

(ats)

Votre opinion