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Financement hospitalierSurcharge de travail administratif pour les médecins

L'introduction du nouveau financement hospitalier en 2012, appelé SwissDRG, entraîne une nette surcharge de travail pour les médecins.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Les médecins suisses se plaignent d'un excès de bureaucratie occasionné par l'introduction du nouveau financement hospitalier en 2012 . La majorité d'entre eux se dit néanmoins satisfaite des conditions de travail, moyennant des heures supplémentaires.

Selon une étude de la Fédération des médecins suisses (FMH), publiée mercredi, 94% des médecins en soins somatiques aigus considèrent leur travail comme intéressant et varié. En revanche, 23% des médecins-assistants se montrent très ou plutôt insatisfaits de leur travail.

L'augmentation des tâches administratives est directement liée à l'introduction du système de forfaits par cas (SwissDRG). Le surplus de bureaucratie ne se fait cependant pas au détriment des soins et des patients, rassurent les médecins suisses. Les professionnels de la santé compensent en effet cette surcharge par des heures supplémentaires.

Huit heures de plus par semaine

En trois ans, le temps investi par les médecins pour remplir le dossier du patient a augmenté en moyenne de 20 minutes par semaine. Le système SwissDRG implique en effet une documentation plus détaillée. Cela se traduit par une charge de 8,1 heures supplémentaires hebdomadaires, un chiffre nettement supérieur aux années précédentes.

Les médecins sont prêts à travailler plus pour passer suffisamment de temps auprès des patients. Mais les imprécisions du système doivent être corrigées par les hôpitaux, en introduisant par exemple des mesures visant à réduire les travaux administratifs des praticiens, selon la FMH.

Influence des caisses maladie

La restriction de la liberté thérapeutique constituait également un sujet de préoccupation pour les médecins avant l'introduction du SwissDRG. En 2013, 70% des médecins en soins somatiques considèrent que leur liberté thérapeutique reste élevée ou très élevée, selon cette étude réalisée par l'institut de recherche gfs.bern.

La FMH pointe cependant du doigt l'attitude des caisses maladie depuis l'introduction du nouveau système. En 2013, 24% des psychiatres et 53% des médecins en réadaptation ont noté «une certaine mainmise des assurances maladie sur les traitements».

Les caisses tardent à transférer les patients en cliniques de réadaptation, dont le système de forfaits journaliers est moins intéressant financièrement pour elles. Elles ont ainsi retardé un transfert en clinique de réadaptation dans cinq cas par mois en moyenne.

L'étude souligne également les imprécisions du système. Avec le SwissDRG, il arrive plus fréquemment qu'un patient soit traité en ambulatoire plutôt qu'en soins stationnaires sur la base de critères financiers. C'est le constat relevé par exemple pour les opérations de la cataracte ou les traitements de hernies. La FMH veut mettre un terme à ces pratiques et va mener des discussions avec les acteurs concernés.

Deux ans de forfaits par cas

Depuis 2012, le nouveau financement hospitalier repose sur des forfaits par cas qui visent à harmoniser la facturation des séjours en hôpital dans toute la Suisse.

Chaque maladie correspond à un certain tarif uniforme dans tout le pays. Ce prix est ensuite ajusté en fonction de divers critères propres aux hôpitaux (masse salariale, investissements, loyers...). La facture totale est prise en charge à hauteur de 45% par la caisse maladie et 55% par le canton.

(ats)

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