Humeur - Surmontant la phobie, on a testé l’autotest
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HumeurSurmontant la phobie, on a testé l’autotest

En réalisant le test chez soi, il faut s’improviser infirmier pour utiliser l’écouvillon, le tampon d’extraction et le bouchon canule. Un travail d’artiste.

par
Eric Felley
Se tester, une opération qui prend environ un quart d’heure

Se tester, une opération qui prend environ un quart d’heure

lematin.ch/felley

Ils ont eu peu de peine pour arriver dans toutes les pharmacies du pays depuis leur lancement le 7 avril, mais les autotests sont maintenant disponibles semble-t-il jusque dans les coins les plus reculés. Il était donc temps de commencer la semaine par un autotest, malgré une absence totale de symptômes chez le sujet signataire de cet article. Pour la pharmacienne: «Ce n’est pas compliqué, a-t-elle dit, mais il faut bien lire le mode d’emploi pour que le résultat soit fiable».

Cela demande un travail sur soi

Comme cette opération pourrait éviter que le sujet propage à son insu la pandémie autour de lui, elle a été prise très au sérieux. Il faut d’abord surmonter une forme de réticence à la découverte des outils qui figurent dans le kit. Pour qui souffre d’une légère phobie envers le matériel médical, ces instruments demandent un travail sur soi et un temps d’assimilation. Ensuite, le mode d’emploi est rédigé en termes très spécifiques. Il faut éviter de toucher l’extrémité de «l’écouvillon», c’est-à-dire le coton-tige à mettre dans le nez, ou vérifier que «l’indicateur d’état du dessiccant est jaune», mettre l’écouvillon dans un «tube de tampon d’extraction» et le fermer avec un «bouchon canule».

«parallèlement au palais en direction de la gorge

Mode d’emploi de l’autotest

Seul et sans aide, il faut un petit moment pour se familiariser avec ce jargon d’infirmerie. Une fois que l’utilité de chaque objet est bien comprise, l’auto-opération peut commencer. Il faut insérer l’écouvillon avec la boule de coton en avant dans l’une et l’autre des narines, tourner quatre fois «parallèlement au palais en direction de la gorge». C’est le moment le moins agréable, mais il nous paraît subjectivement moins douloureux qu’un test PCR. Ensuite, il faut planter l’écouvillon dans le tube de tampon d’extraction, tourner dix fois dans un sens et dix dans l’autre, tout en pressant les parois du tube. Simple comme un tour de magie.

Pour le test lui-même, il faut déposer méticuleusement 4 gouttes en retournant le tube sur la zone ronde du dispositif d’analyse. Après quelques minutes déjà, le résultat se précise. S’il y a deux lignes, T et C, il est positif. S’il n’y en a qu’une seule, C, il est négatif. En l’occurrence, pour le sujet présent, un seul trait rouge signifie que la pandémie ne passe pas par lui en ce moment.

Pas de sentiment de «fausse sécurité»

Certains médecins estiment cependant que la fiabilité de ces tests est insuffisante ou qu’ils pourraient donner l’impression d’une «fausse sécurité». Qu’on les rassure, on ne se sent pas plus en sécurité après qu’avant en étant négatif. Par contre, si l’on était positif, on se sentirait moins bien et il faudrait aller aussitôt faire un test PCR plus fiable dans les sinus. Et avoir l’honnêteté et le courage de se mettre en quarantaine…

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