19.09.2019 à 05:35

Surtout, n’oubliez pas d’enlever vos chaussures avant d'entrer…

Hockey sur glace

Du va-et-vient sur le tapis d'un vestiaire de hockey, est-ce vraiment bon pour la santé des joueurs? Voici ce que dit la science.

Les interviews dans les vestiaires font partie du folklore du sport US. Quatre clubs suisses ont ouvert leurs portes aux journalistes cette saison.

Les interviews dans les vestiaires font partie du folklore du sport US. Quatre clubs suisses ont ouvert leurs portes aux journalistes cette saison.

Keystone

Des chercheurs américains de l’université d’Arizona sont arrivés à la conclusion que les semelles extérieures des chaussures abritent plus de 420'000 bactéries issues de neuf familles différentes. Parmi celles-ci, des bactéries dont certaines souches sont responsables de gastroentérites et infections urinaires (E. coli) ou encore infections des voies respiratoires (Serratia ficaria) et pneumonies (Klebsiella pneumonia).

Avec l’ouverture des vestiaires aux journalistes dans quatre clubs du pays – Zoug, Lausanne, Davos et Lugano – faut-il craindre pour la santé des joueurs? Il n’est ici pas question de prétendre que l’hygiène des représentants des médias pourrait laisser à désirer, loin de là, mais plutôt de se demander si leurs chaussures, après qu'ils se sont promenés durant toute une soirée du parking extérieur – ou de la gare – aux toilettes très fréquentées des patinoires en passant par les tribunes, ne pourraient pas véhiculer leur lot de bactéries jusque sur le tapis des vestiaires des équipes de hockey?

«La présence de ces bactéries, surtout E. coli, s’explique par le niveau de propreté des sols sur lesquels on marche tous les jours, a expliqué le professeur de microbiologie à l’Université d’Arizona, Charles Greba, dans son étude de référence. Dans les toilettes publiques par exemple, il est probable que vos chaussures entrent en contact direct avec des déchets, des germes. À l’extérieur, il est probable que vous marchiez sur des déjections animales, crottes de chiens ou d’oiseaux. Ces dernières sont des sources importantes de virus».

«Pas un modèle d'hygiène de toute façon»

Selon les chercheurs américains, «90 à 99% des bactéries récoltées durant une journée passée à marcher dehors atterrissent sur le sol du domicile». Quant au professeur Gerba, il est catégorique : «Notre étude a démontré que les bactéries s’accrochent et restent sur les semelles malgré de très longues distances parcourues. Elles sont bien présentes au moment de rentrer chez vous.»

Le mot de la fin revient toutefois à Jean-Jacques Aeschlimann, COO du HC Lugano, l'un des quatre clubs qui ouvrira ses portes aux représentants des médias: «Après un match, je ne pense pas que l'on peut considérer un vestiaire de hockey comme étant un modèle d'hygiène», se marre l'ancien international, qui en connaît effectivement un rayon en matière de vestiaires de hockey avec plus de 1000 matches en Ligue nationale en carrière.

Et après tout, c'est vrai: nous ne sommes plus à quelques centaines de milliers de bactéries près...

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