11.05.2016 à 11:35

SuisseSwatch maintient les emplois, selon Nayla Hayek

Malgré le ralentissement des affaires, le groupe horloger n'envisage pas de réduire ses effectifs.

Nayla Hayek est la présidente du conseil d'administration.

Nayla Hayek est la présidente du conseil d'administration.

Keystone

Même en temps de crise, Swatch Group évitera de couper dans ses effectifs en Suisse. Le numéro un mondial de l'horlogerie n'adoptera pas les mesures de ses concurrents pour répondre à la force du franc, a assuré mercredi la présidente du conseil d'administration Nayla Hayek aux actionnaires du groupe.

«Comme par le passé, la réduction du personnel en temps de crise n'est pas à l'ordre du jour chez nous alors que ça l'est chez certains de nos concurrents», a-t-elle déclaré lors de l'assemblée générale de Swatch Group au Vélodrome de Granges (SO).

«Dans le contexte de la surévaluation du franc», les discours se focalisent sur la recherche et le développement. Mais la force de l'industrie suisse se trouve dans le fait qu'elle «fabrique également ses produits ici en Suisse», a relevé Mme Hayek en ouvrant la séance face à un parterre exceptionnellement clairsemé en raison d'un retard des trains en provenance de Zurich.

«La plus importante valeur ajoutée d'une société se déploie surtout à l'endroit où recherche, développement et production oeuvrent main dans la main». La présidente de l'organe de surveillance a encore insisté sur la force d'invention de son groupe qui a déposé près de 200 nouveaux brevets en 2015.

Pas que l'horlogerie

Prenant le relais, face à une salle commençant à se remplir après l'arrivée des retardataires, le patron de Swatch Group, Nick Hayek, a énuméré les technologies qui font la force du groupe horloger et microtechnique.

Le savoir-faire électronique de Swatch Group n'est pas seulement destiné à l'horlogerie. Il est aussi utilisé par d'autres entreprises suisses et étrangères, a-t-il indiqué.

Swatch Group, qui fabrique aussi des batteries, va prochainement signer un contrat avec un grand fabricant automobile, a encore dévoilé M. Hayek aux 3275 actionnaires présents. Le groupe veut jouer un rôle de leader dans les batteries autonomes économiques et de longue durée.

Évitant de parler des montres connectées, M. Hayek a néanmoins présenté à un auditoire acquis à sa cause la Swatch Bellamy, qui permet d'effectuer des paiements, et qui est déjà en vente en Chine depuis quelque six mois.

«Les banques chinoises ont été plus rapides que les banques helvétiques à nous suivre», a-t-il lancé. La montre sera commercialisée en Suisse en juin.

Problème du franc fort

Habituellement véhément contre la politique de la Banque nationale suisse (BNS) et la force du franc, Nick Hayek n'a pas abordé la question, laissant à sa soeur Nayla le soin de répondre à un actionnaire qui s'étonnait des critiques systématiques du groupe contre l'institut monétaire.

«Nos critiques sont justifiées si vous regardez les chiffres que nous publions», a-t-elle dit. L'an dernier, pour la première fois depuis 2009, Swatch Group a vu son chiffre d'affaires reculer, de 3%, à 8,45 milliards de francs. A taux de change constants, les recettes affichent une baisse de 0,9% seulement. Le bénéfice net a lui plongé de 21%, à 1,12 milliard.

Pour la Suisse et pour de très nombreuses entreprises liées au tourisme, la force du franc rend la situation difficile, a relevé Mme Hayek. La BNS et le franc ne sont pas seuls en cause, «mais c'est une grande partie du problème».

Nouveauté

Au moment des votes, les actionnaires ont encore eu droit à une nouveauté: ils ont pu tester pour la première fois le vote électronique par le biais d'un boîtier mis à leur disposition. La question qui leur était posée portait justement sur la mise en place ou non du vote électronique.

Une large majorité de 67% des votants a dit non. La suite des votations s'est donc déroulée comme d'habitude à main levée. Les actionnaires ont suivi en ce sens le conseil d'administration, qui après avoir vanté les technologies qu'il fabrique, a défendu le vote à l'ancienne.

Swatch Group n'est pas une société financière, a expliqué Mme Hayek. Les votes à main levée ont une part d'émotionnel. En Suisse, à l'image de la Landsgemeinde, ils sont une tradition qui existe aussi chez Swatch Group, a-t-elle ajouté.

Finalement, tous les points à l'ordre du jour ont été acceptés à une forte majorité. Daniela Aeschlimann-Schneider, fille du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann, a été élue au conseil d'administration. Elle suit les traces de son père qui a siégé au sein de l'organe de surveillance de Swatch Group entre 1998 et 2010.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!