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AerospatialeSwiss Space Systems veut lancer des satellites

La société aérospatiale Swiss Space Systems (S3) a signé à Sotchi (Russie) en marge des Jeux olympiques d'hiver de nouveaux partenariats avec des entreprises russes spécialisées dans les systèmes de propulsion spatiale.

Basée à Payerne (VD), S3 développe un système de lancement de petits satellites à partir d'un Airbus A300 et de la navette suborbitale réutilisable SOAR.

Basée à Payerne (VD), S3 développe un système de lancement de petits satellites à partir d'un Airbus A300 et de la navette suborbitale réutilisable SOAR.

La société aérospatiale suisse a signé de nouveaux contrats avec la Russie en marge des JO de Sotchi.

S3 compte notamment utiliser un moteur-fusée produit par JSC Kuznetsov. Ce moteur est prévu pour équiper la navette suborbitale développée par S3, a expliqué mercredi l'entreprise devant la presse russe et internationale. Un second partenariat a été signé avec la société russe RKK Energia et porte sur la conception de l'étage supérieur de la navette, destiné à mettre les satellites en orbite terrestre basse.

Pour Pascal Jaussi, fondateur et directeur général de S3, ces accords représentent une étape capitale pour son projet de placer en orbite à moindre coût des satellites jusqu'à 250 kilos. Basée à Payerne (VD), S3 développe un système de lancement de petits satellites à partir d'un Airbus A300 et de la navette suborbitale réutilisable SOAR.

Economique

L'idée est de permettre le lancement de satellites de petit volume autrement qu'avec des fusées à plusieurs étages, qui après usage s'écrasent en mer et sont perdus. Et l'utilisation de la navette SOAR, qui se séparerait de son avion-porteur à une altitude d'environ 10'000 mètres, est globalement plus économe en carburants et nécessite aussi moins d'infrastructures au sol.

Une fois lancée, la navette est propulsée jusqu'à une altitude de 80 kilomètres, et se sépare à son tour de son dernier étage. Celui met alors le satellite transporté en orbite, à quelque 700 kilomètres de la surface terrestre. Airbus et navette regagnent pour leur part le sol.

Un lancement de satellite avec ce système devrait selon S3 être environ six fois moins cher qu'avec la méthode traditionnelle. L'impact sur l'environnement serait aussi nettement moindre, a relevé Pascal Jaussi. Selon lui, la demande pour la mise en orbite de satellites de moins de 250 kilos est considérable, mais reste pour l'heure onéreuse, ce qui ouvre un marché intéressant pour S3.

Les partenariats annoncés mercredi viennent s'ajouter à l'accord déjà passé en septembre dernier avec l'Université technique d'Etat de Moscou-Bauman, une institution chargée notamment de la formation des spécialistes dans le domaine spatial.

Outre l'Université Bauman, le Swiss Space Center de l'EPFL, l'Agence Spatiale Européenne (ESA), l«Université Catholique de Louvain et l'Aerospace Design Lab de l'Université de Stanford figurent au nombre de ses conseillers techniques. S3 emploie actuellement 60 personnes. Son budget jusqu'au premier lancement de satellite prévu en 2018 est de quelque 250 millions de francs, précise l'entreprise.

(ats)

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