16.09.2013 à 13:53

Centrales nucléairesSwisscleantech propose la vente d'énergie entre centrales

L'association Swisscleantech propose que les centrales nucléaires se revendent leur production entre elles afin d'éviter une sortie trop brutale de l'atome.

Les vielles centrale pourraient vendre leur production aux plus modernes.

Les vielles centrale pourraient vendre leur production aux plus modernes.

Keystone

L'absence d'une limitation par le Conseil fédéral de la durée d'exploitation des centrales ne doit pas empêcher une sortie économique de l'atome. L'association Swisscleantech propose que les plus vieilles installations puissent vendre leur production restante aux plus modernes ou à la Confédération.

Ce système «tient compte des intérêts de toutes les parties» et «augmente la sécurité de production d'électricité restante des centrales de façon décisive», écrit lundi Swisscleantech dans un communiqué. Il ne pourrait cependant voir le jour qu'une fois que le Parlement aura chargé le Conseil fédéral de trouver une solution économique à la sortie du nucléaire.

La politique donnerait d'abord une valeur indicative pour l'arrêt des centrales. Puis les exploitants négocieraient avec la Confédération pour définir une quantité de production résiduelle. Si elles ne parviennent ensuite pas à vendre leur part de production aux installations plus modernes, les plus vieilles centrales pourraient se tourner vers l'Etat, qui en deviendrait le propriétaire momentané.

D'après le scénario de Swisscleantech, ces transferts représenteraient pour Mühleberg des capacités de production estimées à 220 millions de francs et pour Beznau I et II à un total de 120 millions. Ils éviteraient ainsi à certains exploitants une sortie trop brutale de l'atome. La dernière centrale serait débranchée en 2037.

Sécurité augmentée

Ce qui importe au final dans la sortie du nucléaire, «c'est le niveau de risque dans la production à partir de centrales», souligne Christian Zeyer, responsable de la recherche à Swisscleantech, cité dans le communiqué. Avec ce scénario, basé sur une durée d'exploitation moyenne de 50 ans, la sécurité de la production d'électricité augmenterait de 40% par rapport au statu quo sur 50 ans - soit toutes les centrales en fonction.

Les trois plus vieilles centrales vendraient leurs capacités et ne produiraient plus d'électricité. Ces transferts réduiraient donc les risques d'incidents, sensiblement plus élevés à Mühleberg et à Beznau I et II, dont les réacteurs sont protégés par une couche plus fine de béton et d'acier que ceux de Gösgen ou Leibstadt.

La sécurité d'approvisionnement ne serait en outre pas menacée, car les trois installations ne sont pas nécessaires pour produire suffisamment d'électricité. «Les exploitants devraient se demander s'il n'est pas plus intelligent de négocier et d'appliquer une telle solution plutôt que de rester têtus et de continuer à se plaindre», affirme Nick Beglinger, président de Swisscleantech.

Le Conseil fédéral a défini il y a une quinzaine de jours le premier paquet de mesures pour la stratégie énergétique 2050 en tant que contre-projet à l'initiative des Verts «sortir du nucléaire», qui réclame un débranchement des installations après 45 ans d'exploitation. Swisscleantech, qui défend les énergies renouvelables, y déplore l'absence d'une limitation absolue de la durée d'exploitation.

(ats)

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