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RésultatsSwisscom croît mais son bénéfice stagne

Le numéro un suisse des télécommunications a néanmoins enregistré une progression de 2,4% de son chiffre d'affaires net.

Le résultat d'exploitation avant amortissements a progressé de 2,6%.

Le résultat d'exploitation avant amortissements a progressé de 2,6%.

Archives, Keystone

Malgré l'érosion des prix, Swisscom a étoffé son chiffre d'affaires de 2,4% à 11,703 milliards de francs l'an dernier. Le bénéfice net a toutefois quasi stagné sur un an à 1,706 milliard ( 0,6%). Le numéro un suisse des télécommunications n'escompte que peu d'impact après la chute de l'euro.

«Nos affaires ont connu une évolution réjouissante», s'est félicité jeudi le patron de Swisscom, Urs Schaeppi, devant la presse à Zurich. Il évoque en particulier la forte croissance de Swisscom TV, des contrats combinés et de la filiale italienne Fastweb.

En Suisse, le manque à gagner lié à la chute des tarifs, notamment dans l'itinérance, se chiffre à 360 millions de francs. Mais l'afflux de nouveaux clients et les volumes ont rapporté 488 millions, compensant cette tendance.

Le résultat d'exploitation avant intérêts, impôts, amortissements et provisions (EBITDA) a lui aussi progressé de 2,6% à 4,4 milliards de francs. Or, les amortissements et charges fiscales plus élevés ont pesé au final sur le bénéfice net.

Un ménage sur trois

Fin 2014, Swisscom comptait 6,5 millions de raccordements au réseau mobile en Suisse ( 2,1% sur un an). Les offres combinées ont bondi de 20,8% à 1,21 million d'abonnés, avec un chiffre d'affaires en hausse de près d'un quart. Les abonnements mobiles Natel infinity représentaient 63% de l'ensemble (hors grandes entreprises).

Côté réseau fixe, les raccordements Swisscom TV ont progressé de 16,5%, à 1,17 million, ce qui correspond à un ménage sur trois dans le pays. En décembre, l'opérateur a lancé Teleclub Play, un forfait vidéo de plusieurs milliers d«heures de contenus, pour contrer l'arrivée en Suisse de l'américain Netflix.

Dans un marché italien difficile, Fastweb a amélioré de 2,8% ses recettes, à 1,7 milliard d'euros (1,8 milliard de francs) et de 6,7% sa base clientèle haut débit, à plus de 2 millions. La maison mère n'a aucune intention de vendre cette unité, qui détient 25% de parts du marché des grandes entreprises, assure M. Schaeppi.

Révolution numérique

Le géant bleu veut saisir les opportunités de la révolution numérique, a réitéré son patron. C'est pourquoi il multiplie les initiatives, par exemple dans le domaine des appareils portables (wearables) mais aussi des services d'annuaires.

Après le rachat en septembre dernier de PubliGroupe, le regroupement de la plate-forme local.ch avec search.ch (à hauteur de 69% pour Swisscom, 31% pour Tamedia) doit permettre d'affronter les concurrents globaux comme Google, selon M. Schaeppi. Le feu vert du gendarme de la concurrence est attendu d'ici la fin du 1er trimestre.

Début 2014, une nouvelle unité, forte de 4800 collaborateurs, a regroupé les activités destinées aux grandes entreprises. Celle-ci a généré environ 2,3 milliards de francs. Son carnet de commandes s'établit à 2,2 milliards ( 16%), incluant la reprise des opérations de paiement de la Banque cantonale de Zurich.

Prix concurrentiels

L'an passé, Swisscom a relevé ses investissements de 1,7% à 2,4 milliards de francs au total, dont 1,7 milliard en Suisse ( 3,9%). La société vise à ce que 99% de la population profite de hauts débits d'ici fin 2016. Des bandes passantes pouvant atteindre 450 Mégabits/seconde devraient être disponibles pour la fin de l'année.

Avec la chute des tarifs d'itinérance (roaming), le volume des données à l'étranger a doublé en un an, relève M. Schaeppi. En comparaison internationale, les prix moyens en Suisse du haut débit fixe et mobile restent compétitifs, voire «dans la moyenne inférieure», insiste-t-il. Et les tarifs vont continuer à baisser.

Peu d'impact de l'euro

Pour 2015, Swisscom anticipe un chiffre d'affaires de plus de 11,4 milliards de francs et un EBITDA d'environ 4,2 milliards, dans l'hypothèse d'un cours paritaires euro/franc. Seule Fastweb devrait ressentir la faiblesse de la monnaie unique. Les investissements seront légèrement réduits, mais pas en Suisse. Reste encore à voir les impacts monétaires sur la conjoncture.

M. Schaeppi juge positifs les changements sur le front de la concurrence. Avec une entrée en bourse, Sunrise gagnera en transparence, selon lui. Quant à Orange, racheté par l'homme d'affaires français Xavier Niel, le Bernois ne veut pas spéculer sur la stratégie du nouveau propriétaire.

Un dividende stable de 22 francs par action sera proposé au titre de 2015. Si les objectifs sont atteints, ce montant sera reproposé en 2016. A la Bourse suisse, le titre Swisscom repassait légèrement dans le vert en milieu d'après-midi, avant de finalement clôturer en baisse de 0,27% à 544 francs. Le marché s'est montré déçu par les pronostics, jugés très prudents, de l'opérateur historique, dont la Confédération reste l'actionnaire majoritaire.

(ats)

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