Actualisé 12.05.2020 à 04:31

Sydney Kamerzin: «C'est une décision incompréhensible»

Chasse

La volonté du Conseil fédéral de mieux protéger le loup est en contradiction avec la loi sur la chasse soumise au vote en septembre. Ses partisans ne savent plus sur quel pied danser.

Pour le conseiller national valaisan Sidney Kamerzin (PDC/VS), la position du Conseil fédéral sur la protection du loup remet en question le travail du Parlement et l'esprit de la nouvelle loi sur la chasse.

Pour le conseiller national valaisan Sidney Kamerzin (PDC/VS), la position du Conseil fédéral sur la protection du loup remet en question le travail du Parlement et l'esprit de la nouvelle loi sur la chasse.

Keystone

«Je ne comprends pas ce que fait le Conseil fédéral», Sidney Kamerzin (PDC/VS) a été surpris, comme nombre de ses collègues, d'apprendre que le Conseil fédéral mettait en consultation jusqu'en septembre des ordonnances découlant de la loi sur la chasse avant même qu'elle soit votée: «La loi sur la chasse a fait l'objet de débats nourris au sein du Parlement et nous avons tranché. Je trouve totalement incompréhensible de revenir en ce moment sur le sujet par le biais d'ordonnances».

Ce que le Parlement ne voulait pas

Cette loi, âprement débattue, prévoit une plus grande liberté pour les cantons dans la régulation des grands prédateurs, dont le loup. Les cantons alpins, le Valais en particulier, en ont fait un long combat sous la Coupole fédérale depuis des années. Une majorité parlementaire a fini par leur donner raison. Et voilà que le Conseil fédéral trouble le jeu en mettant en consultation une ordonnance qui revient sur ce que le Parlement avait écarté. D'après le Conseil fédéral, les cantons ne pourront réguler le loup que si des mesures de protection des troupeaux sont prises par les éleveurs. Par ailleurs, il réaffirme fortement le loup comme une espèce strictement protégée, notamment lorsqu'il vit en meute.

Une manoeuvre ?

Dans la perspective de la votation du 27 septembre, le message du Conseil fédéral est en contradiction avec la loi qu'il devrait défendre, du moins il en modifie fortement l'esprit. Peut-être s'agit-il d'une manoeuvre pour rassurer les milieux de protection de la faune et de la biodiversité? «Je ne l'ai pas compris comme ça, répond Sidney Kamerzin, mais plutôt comme une remise en question de tout le travail fait par le Parlement. A la session de juin, nous allons interpeller le Conseil fédéral pour qu'il précise ses intentions et sur le timing de son action alors que la campagne va commencer.»

Le Conseil fédéral contre le Parlement?

Pour Jean-Pierre Grin (UDC/VD), co-président du comité de soutien à la loi, les intentions du Conseil fédéral doivent être éclaircies: «Dans le débat autour de cette loi, nous avons voulu redonner aux cantons la main sur la régulation des grands prédateurs et du loup. La proposition d'ordonnance du Conseil fédéral annule cette facilité de régulation voulue par le Parlement. Cela crée de la confusion. A moins que le Conseil fédéral ne veuille ménager les référendaires pour faire passer la loi...»

La charrue avant les boeufs

Plus étrange aussi pour nos deux conseillers nationaux est le timing de l'opération. Normalement, le peuple vote une loi et ensuite le Conseil fédéral fait des ordonnances d'application. Ici, il met la charrue avant les boeufs, si l'on peut dire. En cas de refus le 27 septembre, tout cela finira à la poubelle.

Eric Felley

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