Santé: Syphilis: un regain dû à une souche datant du 18e siècle
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SantéSyphilis: un regain dû à une souche datant du 18e siècle

La recrudescence actuelle de la syphilis au niveau mondial a une origine commune datant du milieu du 18e siècle.

Jusqu'ici, aucune bactérie de syphilis n'est devenue résistante à la pénicilline utilisée en première ligne. (Image d'illustration)

Jusqu'ici, aucune bactérie de syphilis n'est devenue résistante à la pénicilline utilisée en première ligne. (Image d'illustration)

Keystone

C'est ce qu'a constaté une équipe de chercheurs placée sous la direction de l'Université de Zurich en analysant des échantillons de la bactérie provenant de treize pays.

Pendant plus de 500 ans, la syphilis a été une des plaies de l'humanité. Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que la pénicilline a permis un recul important de cette maladie sexuellement transmissible. Mais depuis la fin des années 1990, elle fait son retour, pour des raisons non encore élucidées.

Une équipe internationale de chercheurs placée sous la direction de l'Université de Zurich a voulu en avoir le cœur net. Elle a analysé le génome de 70 échantillons de Treponema pallidum subsp. pallidum provenant de patients infectés dans treize pays à différentes époques.

Résultats: toutes les bactéries analysées proviennent d'une souche commune remontant au XVIIIe siècle, et celles responsables de la recrudescence actuelle proviennent de même d'un groupe dominant apparu en 1950 baptisé «SS14-Omega», selon ces travaux publiés dans Nature Microbiology.

Résistance à un antibiotique

Autre constat, inquiétant, une grande partie de ce groupe a développé une résistance à un antibiotique important, l'azithromycine. Cette substance est largement utilisée comme thérapie de deuxième recours en cas de maladie sexuellement transmissible. Jusqu'ici toutefois, aucune bactérie de syphilis n'est devenue résistante à la pénicilline utilisée en première ligne.

Les scientifiques poursuivent leurs analyses, notamment sur des prélèvements effectués en Suisse, indique l'Université de Zurich dans un communiqué. Ils espèrent ainsi pouvoir mieux lutter contre cette maladie actuellement en forte progression, avec dix millions de nouvelles infections chaque année, et qui n'est toujours pas vaincue malgré l'existence de médications efficaces.

(ats)

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