Actualisé 04.02.2012 à 19:02

RépressionSyrie: l'ONU paralysée par un 2e veto sino-russe

La Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi au Conseil de sécurité de l’ONU à un projet de résolution condamnant la répression sanglante en Syrie. Londres accuse Pékin et Moscou «d'abandonner le peuple syrien».

Aujourd'hui, le projet de résolution onusien pour condamner la répression sanglante du régime syrien n'a pas passé la rampe au Conseil de sécurité. La faute au véto sino-russe, alliés de toujours de Damas.

Aujourd'hui, le projet de résolution onusien pour condamner la répression sanglante du régime syrien n'a pas passé la rampe au Conseil de sécurité. La faute au véto sino-russe, alliés de toujours de Damas.

Keystone

C'est la deuxième fois que la Russie et la Chine usent de leur droit de veto pour bloquer une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie. Alors que la communauté internationale s'émeut des centaines de civils qui meurent chaque jour dans le pays, sous les coups des forces armées selon l'opposition, l'ONU ne peut bouger d'un iota, paralysée par les deux éternels alliés de Damas.

La résolution n'était pas des plus ambitieuses pourtant. Soutenu par les autres pays du Conseil de sécurité, le document exprimait un «soutien» au plan de règlement de la Ligue arabe et dénonçait les violations des droits de l’Homme commises par le régime syrien.

Suite au veto sino-russe, Londres a accusé la Russie et la Chine «d'abandonner le peuple syrien».

Obama demande à al-Assad de partir

Peu avant, le président américain Barack Obama a accusé son régime d’avoir «assassiné des civils» lors des «attaques abominables» qui ont eu lieu dans la ville de Homs dans la nuit de vendredi à samedi.

«Assad doit arrêter tout de suite les tueries et les crimes contre son propre peuple, il doit quitter le pouvoir et permettre la mise en place immédiate d'une transition démocratique», a indiqué M. Obama dans un communiqué.

203 morts hier

«Hier, le gouvernement syrien a assassiné des centaines de citoyens syriens, dont des femmes et des enfants. (...) Je condamne fermement ces attaques abominables du gouvernement syrien contre le peuple de Homs et je présente ma plus profonde sympathie à ceux qui ont perdu des proches», a ajouté le président américain.

Par ailleurs, Londres accuse le président syrien de «cynisme sans pitié». «Je suis horrifié des informations concernant l’attaque sur Homs au cours de la nuit du 3 février, qui a fait 200 morts», a déclaré le ministre des Affaires étrangères William Hague dans un communiqué. «Je condamne sans équivoque le recours aux chars, aux mortiers, à l’artillerie dans les zones habitées par les civils», a-t-il dit.

Tunis expulse l'ambassadeur syrien

Par ailleurs, Tunis a annoncé qu'elle était sur le point d'expulser l'ambassadeur syrien de son territoire. «La Tunisie a commencé les procédures réglementaires en vue d’expulser l’ambassadeur de Syrie et se désengage de toute reconnaissance du régime au pouvoir en Syrie», a précisé la présidence dans un communiqué.

Ces annonces interviennent «à la suite des bombardements qui ont fait plus de 200 martyrs» et des centaines de blessés dans la ville de Homs, à la veille des célébrations de la fête du Mouled (commémorant la naissance du prophète Mahomet), a ajouté la présidence.

Moscou fonce sur place

Enfin, du côté des alliés de Damas, on s'agite. Ainsi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rend à Damas mardi pour tenter de trouver une solution politique au conflit en Syrie, a déclaré samedi son adjoint, Guennadi Gatilov.

«La visite à Damas de M. Lavrov et du (chef des services de renseignements extérieurs) Mikhaïl Fradkov confirme notre ferme intention de trouver une issue politique au conflit», écrit M. Gatilov sur son compte Twitter.

(AFP)

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