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TémoignageTabassés pour avoir joué du tambour

Huit membres de la Jeunesse de Lavigny (VD) ont été violemment pris à partie par les occupants de deux véhicules, plus âgés qu’eux de 15 à 20 ans. Dont deux femmes.

par
Benjamin Pillard
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De g. à dr.: Nathan, Jonathan, Pauline, Marco, Allan, Alice, Florian et Bryan, âgés de 18 à 23 ans.

De g. à dr.: Nathan, Jonathan, Pauline, Marco, Allan, Alice, Florian et Bryan, âgés de 18 à 23 ans.

Christian Bonzon
Bryan, le crâne aspergé de spray au poivre.

Bryan, le crâne aspergé de spray au poivre.

DR
Christian Bonzon

Cette tradition a toujours existé et elle n’est pas près de s’arrêter!» Président de la Jeunesse du village vaudois de Lavigny, Bryan Perrin se rendra aujourd’hui à la gendarmerie pour déposer une plainte contre X. Pour lésions corporelles simples, injures, menaces et mise en danger de la vie, à laquelle souscriront sept autres membres de l’association villageoise. Car ces jeunes âgés de 18 à 23 ans se seraient fait agresser gratuitement par les occupants de deux véhicules alors qu’ils jouaient du tambour dans les rues de leur commune, mercredi dernier en début de soirée. Un incident que la police cantonale confirmait samedi dans les colonnes de 24 heures. Hier, les contusions étaient encore bien visibles sur les jambes et un bras de Pauline, cinq jours après avoir été projetée dans les escaliers menant au local de la Jeunesse de Lavigny.

«Sur le moment j’ai eu peur»

Le 28 décembre correspondait au premier jour de la traditionnelle série de cortèges lors desquels les jeunes défilent dans les rues, en journée, avec leur tambour. Vers 20 h 30, Bryan Perrin et ses compagnons parcouraient en musique la septantaine de mètres qui les séparaient de leur local, au centre du village, face à l’auberge. «On était en rang par deux, relate le président. Arrivé au carrefour, j’ai aperçu à 100 m un véhicule utilitaire blanc Renault Trafic roulant dans notre direction, suivi par une VW Polo bleu foncé; tous deux en provenance d’Aubonne. Nous avions presque terminé de traverser la route lorsque la camionnette s’est mise à accélérer avant de braquer au dernier moment, à 20 cm de mes genoux… Sur le moment j’ai eu peur, si bien que j’ai levé ma baguette. Le conducteur m’a reproché d’avoir donné un coup sur le véhicule, ce que je conteste…»

Coups et insultes

Trois hommes et deux femmes, âgés de 30 à 50 ans, seraient alors sortis des deux véhicules. «Ils n’avaient pas l’air avinés mais ont commencé à nous insulter, nous reprochant de leur avoir «coupé la route», résume Bryan Perrin. On a essayé de calmer le jeu, mais ils en sont rapidement venus aux mains…» Cet agriculteur de 21 ans aurait alors reçu un coup de poing sur l’arcade sourcilière. «Une des deux femmes était hors d’elle et voulait taper tout le monde!» s’indigne Alice, la sœur de Pauline. Nathan, forestier-bûcheron, en aurait fait les frais: «Elle m’a craché dessus et bousculé avec l’avant droit de sa Polo pendant que je relevais son numéro de plaque…» Alors que les agresseurs faisaient mine de s’en aller, l’une des deux femmes est revenue avec du spray au poivre, dont se serait emparé le conducteur du Renault Trafic – boule à zéro et pull à capuche. «Il a aspergé tout le monde…» dénonce Bryan Perrin.

«C’est inadmissible, lamentable et triste, réagit Bernard Rochat, le syndic de Lavigny. Notre jeunesse participe à l’animation du village en fin d’année, mais les gens deviennent intolérants. Ces cortèges font pourtant partie de nos mœurs, et ce n’est qu’une fois par an!»

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