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JaponTakata chute en Bourse après des rumeurs

L'action de l'équipementier automobile a perdu 17% jeudi à Tokyo, après des rumeurs de dépôt de bilan.

Image d'illustration

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Keystone

L'action de l'équipementier automobile japonais Takata s'orientait vers un plongeon de 17% jeudi à la Bourse de Tokyo, après avoir été suspendue pour cause d'informations sur un possible dépôt de bilan.

A la reprise des transactions en début d'après-midi, le cours n'était toujours pas calculé du fait d'un trop grand volume de requêtes, mais, selon les prix auxquels étaient affichés les ordres d'achat et de vente, il se dirigeait vers une lourde perte de 150 yens (-17,3%) à 717 yens, le recul maximum autorisé pour la journée.

Le titre avait été suspendu avant l'ouverture de la Bourse, le quotidien économique Nikkei rapportant qu'un redressement judiciaire était à l'étude.

Takata a publié un communiqué à la mi-journée. «Nous n'avons rien décidé», a réagi le groupe mis à mal par un scandale d'airbags.

Discussions

Le comité mis en place il y a quelques mois pour examiner les offres de soutien extérieur «est en pleine discussion avec les parties concernées» pour déterminer les détails du plan de restructuration, a-t-il ajouté, précisant que toute nouvelle information serait diffusée le moment venu.

Selon le Nikkei, les deux derniers candidats en lice, «le suédois Autoliv et un consortium mené par l'américain Key Safety Systems détenu par un groupe chinois devraient présenter chacun de leur côté une demande de redressement sous le contrôle de la justice». Le consortium inclut aussi le fonds Bain Capital et la firme japonaise Daicel.

Cette solution aurait aussi les faveurs des constructeurs automobiles qui ont dû supporter le coût des rappels massifs de véhicules pour en remplacer les airbags potentiellement défectueux.

Décision attendue en février

Une décision finale est attendue en février, indique le journal qui précise que, le cas échéant, la direction de Takata ne serait pas forcée d'accepter.

Takata fait face à des charges considérables, avec une amende d'un milliard de dollars déjà infligée par la justice américaine, et la possibilité que les constructeurs réclament le remboursement des frais de rappels, évalués à plus d'un milliard. Il doit aussi compter sur d'autres actions intentées par des victimes.

La firme nippone, qui contrôle 20% du marché mondial des ceintures et airbags pour l'industrie automobile, est empêtrée depuis bientôt trois ans dans cette affaire de coussins de sécurité susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments sur le conducteur ou le passager.

Seize décès

Selon les autorités américaines, Takata aurait, pendant plus d'une décennie, dissimulé l'existence d'un défaut majeur dans ses produits. Seize décès, dont onze aux Etats-Unis, sont associés à ce défaut.

Au total, quelque 100 millions d'unités sont concernées par des rappels dans le monde (dont près de 70 millions aux Etats-Unis).

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