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Tanguy Nef est ambitieux«J’ai cette idée de prendre pas mal de risques»

Le Genevois, qui s’est fixé de gros objectifs cette saison, se réjouit d’entrer dans le vif du sujet dans un mois de janvier où les slaloms vont se succéder, dont le premier ce mercredi à Zagreb. Il rêve notamment d’une médaille aux Mondiaux.

par
Christian Maillard
Si Tanguy Nef a terminé 18e à Madonna di Campiglio, il sait qu’il peut faire encore mieux.

Si Tanguy Nef a terminé 18e à Madonna di Campiglio, il sait qu’il peut faire encore mieux.

REUTERS

«La vie c’est comme une course de slalom, tu pars pour gagner et dès que tu rencontres un obstacle, tu le boxes et tu continues, jusquà l’arrivée.» C’est la devise de Tanguy Nef, qu’il partage sur le site du Team Genève. Le Genevois de 23 ans, qui n’est pas du genre à tourner longtemps autour du pot et cacher ses ambitions, s’est fixé des objectifs clairs et réalistes cette saison: tout d’abord se stabiliser dans le top 15 de la hiérarchie, puis viser un podium sur le cirque blanc et une médaille aux Mondiaux de Cortina d’Ampezzo au mois de février.

Après trois jours d’entraînement en Autriche, du côté de Reiterheim, le skieur de Veyrier est arrivé lundi à Zagreb avec beaucoup d’enthousiasme, prêt à bondir dans ce mois de janvier de folie, celui dont les slalomeurs raffolent.

Tanguy Nef est assez content de son début de saison.

Tanguy Nef est assez content de son début de saison.

ENRICO GASTALDELLO

Avec une huitième place à Alta Badia, juste derrière Daniel Yule, cette saison a plutôt bien commencé pour vous. Êtes-vous satisfait de vos deux premières courses?

Il est clair que c’est un bon début pour moi. Je suis assez content des résultats dans des conditions de neige qui ne me convenaient pas forcément. Après, il est important de savoir s’adapter. Après mon 8e rang, 18e à Madonna, ce n’était pas ce que j’attendais. Mais c’était malgré tout un top 20, et surtout je n’étais qu’à une seconde de la gagne. Mais la moindre faute ne pardonne pas. Reste que je n’ai aucun remords par rapport à ça, car j’ai attaqué…

C’est ce que vous allez encore tenter de faire ce mercredi à Zagreb?

Exactement, je vais arriver encore avec une approche plus dans le risque sur cette piste de Zagreb qui est très facile. Il ne va pas falloir s’endormir sur ses lauriers. Comme on a pu le voir avec l’épreuve féminine dimanche, la course s’annonce un peu plus compliquée, avec des conditions un peu spéciales. Il fait chaud et la piste n’est pas dans le meilleur des états pour l’instant, ce n’est pas encore un tracé de Coupe du monde. J’espère juste que ce sera une épreuve fair-play pour à peu près tout le monde et que nous aurons une belle bataille.

‹‹Le ski est là, je ne me fais pas de souci.››

Tanguy Nef

Lors de vos deux derniers slaloms ici en Croatie, vous aviez terminé 13e il y a deux ans et 24e l’hiver dernier: est-ce un endroit que vous appréciez?

C’est une piste, comme à Levi, il s’agit d’attaquer de haut en bas, sans se poser trop de questions. Le tracé est relativement long et ce n’est pas pour me déplaire. Reste à voir comment sera la neige et s’il sera possible d’arriver en bas idéalement sans faute. Le ski est là, je ne me fais pas de souci. En plus, comme il y a encore six courses derrière, si ce n’est pas la première, il y aura une deuxième, puis une troisième. Je vais aborder ces épreuves du mois de janvier la tête assez libre et avec cette idée de prendre pas mal de risques.

‹‹C’est quatre semaines où il va falloir être au top physiquement et régler des petits détails pour bien performer.››

Tanguy Nef, 8e à Alta Badia et 18e à Madonna di Campiglio

Durant ce mois de janvier, vous allez enchaîner les épreuves, à Zagreb, Adelboden, Wengen, Kitzbühel, Schladming, Chamonix: de quoi bien vous régaler, on se trompe?

Clairement! On a attendu ça depuis lan passé où la dernière course s’était déroulée le 8 février puis après plus rien jusqu’au 21 décembre. C’était un gros moment d’attente. Après ces deux slaloms en Italie, on se réjouit tous d’entrer vraiment dans le vif du sujet. C’est quatre semaines où il va falloir être au top physiquement et régler des petits détails pour bien performer.

Malheureusement, ces épreuves où il y a normalement de grosses ambiances se déroulent sans public. C’est quelque chose qui vous manque, à vous les slalomeurs qui aimez tant vous balancer entre les portes avec cette impression d’être poussés dans le dos?

Oui, bien sûr, mais on a déjà beaucoup de chance de pouvoir disputer des courses cette année. On est contents de voir nos coéquipiers et nos adversaires, cela compense le manque de public. C’est mieux ça que rien, même si j’aimais bien que mon père soit présent dans les courses. Maintenant on s’adapte avec la technologie. J’essaie de faire des Face Time avec des amis aux États-Unis et avec la famille. Et j’ai cru comprendre quAdelboden avait préparé un système où les fans vont apparaître sur un écran géant. On vit dans un monde comme ça et on est conscients que certains sont plus dans le dur que nous, que nous avons pas mal de chance d’être là et de skier, comme ici à Zagreb.

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3 commentaires
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Jean-Paul Quilit

06.01.2021 à 11:05

Passionnant, tout simplement passionnant ! Le pays vibre autour de ces fabuleux exploits !!