Justice: Taubira en singe: prison avec sursis requise contre «Minute»

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JusticeTaubira en singe: prison avec sursis requise contre «Minute»

Le directeur de la publication du journal d'extrême droite risque également d'écoper d'une amende de 10'000 euros.

La Une qui a fait polémique.

La Une qui a fait polémique.

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Une peine de deux mois de prison avec sursis et 10'000 euros d'amende (10'526 francs) a été requise ce jeudi 4 juin en appel contre le directeur de la publication du journal d'extrême droite Minute pour sa Une comparant la ministre de la Justice, Christiane Taubira, à un singe.

En première instance, Jean-Marie Molitor avait été condamné à 10'000 euros d'amende pour injure raciale. Estimant cette peine trop clémente, le parquet avait fait appel.

Dans son édition du 13 novembre 2013, le journal avait publié une photo de la garde des Sceaux, avec ce titre: «Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane».

«Extrême violence»

Peu de temps avant la parution de cette Une, Christiane Taubira avait été la cible de propos racistes du même acabit, de la part d'une jeune fille lors d'une manifestation d'opposants au mariage homosexuel ou encore d'une ex-candidate FN aux municipales dans les Ardennes.

Anne-Sophie Leclère a été condamnée sur plainte d'un parti local guyanais à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane) et attend la décision en appel le 22 juin.

Après cette parution qui avait suscité une vague d'indignation, la ministre avait dénoncé des propos «d'une extrême violence», qui «dénient mon appartenance à l'espèce humaine». «J'encaisse le choc mais c'est violent pour mes enfants, pour mes proches et pour tous ceux qui ont une différence», avait-elle ajouté.

Autre dossier

La cour d'appel de Paris s'est également penchée jeudi sur un dessin, paru le 30 octobre 2013, passé presque inaperçu à l'époque. Il représentait un singe, versant une larme, dont l'avocat déclarait: «Mon client porte plainte pour avoir été odieusement caricaturé en madame Taubira».

Le tribunal avait relaxé Jean-Marie Molitor et le dessinateur David Miège, relaxe dont le parquet avait aussi fait appel.

Dans ce dossier, l'avocate générale a requis un mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende contre le directeur de la publication, et une amende de 2000 euros contre le dessinateur David Miège. Les décisions seront rendues le 17 septembre.

(AFP)

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