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PlaquesTaxe auto: ça va du simple au quintuple !

Les Neuchâtelois pestent contre leur taxe auto. Ils sont pourtant dans la moyenne. Les disparités entre cantons sont grandes et ce sont les Jurassiens qui paient le plus.

par
Vincent Donzé
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Moreira
Gaetan Bally, Keystone

Le conseiller d’Etat neuchâtelois Yvan Perrin roule en Chevrolet Corvette et en Ford Maverick. Il est peu touché par le nouveau mode de calcul de la taxe auto: le prix de ses plaques interchangeables demeure presque identique, baissant de 885 fr. à 877 fr. Mais entend-il le mécontentement de nombre de ses concitoyens pour qui la facture a augmenté en passant au mode de calcul basé sur l’émission de CO 2 ? «Je les comprends, mais nous voulons accélérer la transition vers des véhicules propres», répond l’élu UDC.

Ce qui peut irriter, c’est que le propriétaire d’une Porsche Panamera GTS voit sa taxe passer de 1044 fr. à 845 fr., alors que pour une Renault Clio 1.2, la taxe passe de 293 à 353 fr. «Que voulez-vous: les constructeurs n’ont pas investi dans les petites cylindrées qui consomment peu mais polluent beaucoup», avance Yvan Perrin.

Vieilles voitures pénalisées

«A Neuchâtel, la taxe tient compte de l’énergie grise», insiste le chef du Département du développement territorial et de l’environnement, conscient que «le choc est brutal pour ceux qui possèdent la même petite voiture depuis longtemps». Yvan Perrin précise toutefois que pour atténuer le coup de massue, le calcul de la taxe englobe l’âge du véhicule, avec 8 fr. déductibles par année d’ancienneté.

La comparaison romande établie par «Le Matin» révèle de grandes disparités cantonales. Les plus à plaindre sont les Jurassiens: dans leur canton, le seul critère pris en compte est le poids du véhicule. Si les Neuchâtelois sont dans la moyenne, ce n’est pas par hasard: «La nouvelle loi prévoit que tous véhicules confondus, le revenu total ne doit pas excéder la moyenne nationale», indique Philippe Burri, directeur du Service cantonal des automobiles et de la navigation.

En 2012, la taxe auto a rapporté 2,1 milliards aux cantons. Un montant affecté soit au réseau routier, soit à la caisse cantonale. Neuchâtel fait les deux à la fois: «Les postes rentables doivent financer ceux qui ne sont pas», indique Yvan Perrin. Même si la modification de la loi a été acceptée au Grand Conseil par 99 voix contre 6, la section neuchâteloise du TCS menace de déposer une initiative.

Commentaire du porte-parole du TCS Suisse, Moreno Volpi: «Si la taxe a uniquement un objectif écologique, le système de taxation devrait être homogène dans tout le pays. Malheureusement, certains cantons voient aussi les taxes automobiles comme un moyen d’assainir les finances cantonales.» De son côté, Yvan Perrin n’en démord pas: Neuchâtel fait office de précurseur dans le domaine de la taxe auto et est le modèle à suivre pour les autres cantons.

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