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WEF 2012Taxer les transactions financières: une «folie», selon Cameron

Le premier ministre britannique s'est prononcé au Forum de Davos contre la taxe des transactions financières, défendue en particulier par Nicolas Sarkozy.

Le premier ministre britannique David Cameron, devant le Forum économique mondial (WEF).

Le premier ministre britannique David Cameron, devant le Forum économique mondial (WEF).

AP

Conflit israélo-palestinien, coopération africaine et crise européenne, le deuxième jour du Forum économique mondial (WEF) s’est révélé copieux.

Le Premier ministre britannique David Cameron a critiqué avec virulence le projet franco-allemand de taxe sur les transactions financières.

«Ce projet, à un moment où nous nous efforçons d’assurer la croissance de nos économies, est tout simplement de la folie», a déclaré jeudi à Davos (GR) David Cameron, qui défend la place financière londonienne.

Selon la Commission européenne, cette taxe réduirait de quelque 200 milliards de dollars le produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne et entraînerait la perte de 500’000 emplois. Elle contraindrait, de plus, environ 90% d’opérateurs sur certains marchés financiers à quitter l’UE, a invoqué M. Cameron.

Bruxelles réfute

Bruxelles a aussitôt réfuté les arguments du Premier ministre britannique. L’étude mentionnée par David Cameron a été sortie de son contexte, a réagi un porte-parole de la Commission. Si les revenus générés par cette taxe sont recyclés de manière intelligente dans l’économie, il n’y aura aucun impact négatif sur la croissance et l’emploi, a-t-il ajouté.

Ce projet, cher au président français Nicolas Sarkozy, est également défendu par Angela Merkel. La chancelière allemande souhaite toutefois une solution européenne en la matière.

Au-delà, David Cameron a pointé du doigt le manque de compétitivité de l’Europe - son talon d’Achille, selon lui. Il s’est néanmoins déclaré convaincu que l’UE pouvait retrouver sa dynamique et a appelé à «des mesures courageuses, radicales mais nécessaires».

En prenant des décisions courageuses, la Grande-Bretagne a pu affronter sa dette et démontrer qu’elle pouvait être crédible, a-t- il relevé.

Intégration économique plus grande

L’Union européenne doit aller beaucoup plus loin dans son intégration économique et financière. Dans ce cadre, une banque centrale commune qui soutienne le système financier et monétaire, un système de transferts budgétaires et des euro-obligations pour affronter les déséquilibres entre les différents pays de l’UE sont notamment essentiels, d’après David Cameron.

La Grande-Bretagne n’a pas rejoint la zone euro, mais souhaite que celle-ci réussisse économiquement et politiquement, a dit le Premier ministre. Elle fait partie de l’Union européenne non pas par défaut, mais par choix, et ne va pas la quitter, a-t-il assuré.

Au sujet du différend israélo-palestinien, David Cameron a lancé: «Continuez à parler!

Peu importe les résolutions ou autres, une solution à deux Etats ne pourra voir le jour que si les parties seront réunies à la même table».

Il ne croyait pas si bien dire. Quelques heures plus tard, le président israélien Shimon Peres a convié le Premier ministre de l’Autorité palestinienne à rouvrir les négociations de paix dans un dialogue bilatéral. Salam Fayyad estime, pour sa part, nécessaire une contribution internationale pour résoudre le conflit.

Shimon Peres juge également essentiel le concours des Etats-Unis et de l’Union européenne. Il souhaite cependant reprendre les pourparlers «rapidement, dans la discrétion, à l’abri des médias».

Téhéran vilipendé

Le président israélien a, par ailleurs, vilipendé Téhéran. L’Iran constitue, selon lui, la plus grande menace au Moyen-Orient. Ce pays «encourage tout acte terroriste et ne montre aucun respect envers les droits humains», a-t-il lâché.

Côté africain, cinq chefs d’Etat du continent ont appelé à davantage de coopération dans le domaine des infrastructures notamment. Des progrès vers un marché unique sont indispensables également, ont-ils souligné lors d’une table ronde. Le président guinéen Alpha Condé a même plaidé en faveur de ministères panafricains pour mener à bien ces processus.

Jeudi encore, le fondateur de Microsoft, Bill Gates, a promis de verser 750 millions de dollars au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (FMSTP) en difficulté.

(ats)

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