Diplomatie: Téhéran et Londres rouvrent leurs ambassades
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DiplomatieTéhéran et Londres rouvrent leurs ambassades

La Grande-Bretagne a rouvert son ambassade à Téhéran. L'ambassade iranienne à Londres devait aussi reprendre ses activités.

Le ministre britannique des affaires étrangères, Philip Hammond, a assisté à la réouverture de l'ambassade à Téhéran.

Le ministre britannique des affaires étrangères, Philip Hammond, a assisté à la réouverture de l'ambassade à Téhéran.

Keystone

La Grande-Bretagne a rouvert dimanche 23 août son ambassade à Téhéran. La mission était fermée depuis près de quatre ans après avoir été saccagée par des militants hostiles au renforcement de sanctions contre l'Iran. L'ambassade iranienne à Londres devait aussi reprendre ses activités dimanche.

Le secrétaire au Foreign Office (ministre britannique des affaires étrangères) Philip Hammond a assisté à la levée de l'Union Jack dans les jardins de cet opulent édifice du XIXe siècle qui avait été mis à sac en novembre 2011. Dans la foulée, Londres avait expulsé les diplomates iraniens en Grande-Bretagne.

L'inscription «Mort à l'Angleterre» est encore visible sur les portes de la salle de réception. «Cette cérémonie marque la fin d'un chapitre dans les relations entre nos deux pays et le début d'un nouveau, qui promet, je le crois, des jours meilleurs», a déclaré M. Hammond.

«En premier lieu, nous voulons garantir le succès de l'accord nucléaire, y compris en favorisant le commerce et les investissements lorsque les sanctions seront levées», a expliqué le chef de la diplomatie britannique.

Quelques heures plus tard, l'Iran a rouvert son ambassade à Londres, en présence de son chargé d'affaires et de son vice-ministre des Affaires étrangères iranien Mehdi Danesh Yazdi.

Rencontre avec le président

Pour cette visite de deux jours en Iran, le secrétaire Hammond est accompagné par une petite délégation de gens d'affaires et de représentants d'entreprises.

Philip Hammond est le deuxième secrétaire au Foreign Office à se rendre en Iran depuis la révolution islamique de 1979. Jack Straw l'avait précédé en octobre 2003 dans le cadre d'une tentative de médiation portant déjà sur le programme nucléaire iranien. M. Straw l'avait menée avec ses homologues de la «troïka» européenne, le Français Dominique de Villepin et l'Allemand Joschka Fischer.

Lors de son séjour à Téhéran, le chef de la diplomatie britannique devait s'entretenir avec le président Hassan Rohani, ainsi qu'avec avec son homologue Mohammad Javad Zarif.

Réouvertures d'ambassade

A Téhéran, les futurs diplomates britanniques devront s'atteler à reconstruire une relation de confiance alors que le Royaume-Uni est encore qualifié de «Petit Satan» ou de «Vieux renard» («Old Fox»). L'agence de presse iranienne Fars présente ainsi la réouverture de l'ambassade comme «le retour du renard».

Les relations entre Téhéran et les puissances occidentales se sont peu à peu améliorées depuis l'élection du président Rohani en 2013. L'accord de juillet sur le nucléaire iranien, conclu à Vienne avec le groupe P5 1 qui réunit les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l'Allemagne, a accéléré les choses.

Les grands pays européens ont désormais tous une ambassade à Téhéran, mais les Etats-Unis, représentés par la Suisse, et le Canada n'ont pas encore rouvert la leur.

(AFP)

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